Eus., H. E. V
2. Les Aloges objectaient entre autres choses à l'Apocalj'pse qu'il y était question d'une église de Thyatires, laquelle n'existait pas de leur temps. Saint Epipliane (Haer., LI, 33) concède le fait, mais seulement pour la fin du II« siècle et le commencement du III>=, et l'explique, en disant que les chrétiens de Thyatires étaient tous passés au montanisme, qu'ils auraient abandonné plus tard. Mais la conversion au montanisme ne suffit pas pour motiver l'assertion qu'il n'y avait pas d'église à Thyatires. Il faut admettre que cette chrétienté avait disparu pendant quelque temps, au cours du 11^ siècle.
LE MONTANISME 275
Si Montan n'avait pas réussi à conquérir les églises d'Asie dans leur ensemble, il était au moins parvenu à les diviser profondément. La Jérusalem céleste n'apparut point sur la terre ; en revanche le mouvement aboutit à la fondation d'une Jérusalem terrestre. On changea le nom de Pépuze, on l'appela la nouvelle Jérusalem. Elle devint le lieu saint et comme la métropole du Paraclet. La nécessité de faire vivre les multitudes qui s'y pressèrent aux premiers moments conduisirent les sectaires à s'organiser. Auprès de Montan on trouve de bonne heure d'autres personnages qui furent avec lui et après lui de grandes autorités : un certain Alcibiade^, Théodote, qualifié dans un de nos documents 2 de premier administtraeur (ir.i-pz-oc) de la prophétie, Thémison enfin qui écrivit, pour la défendre et la répandre, une sorte d'encyclique^. Celui-ci, disait-on était un confesseur de la foi. Les montanistes, en effet, ne biaisaient pas sur le martyre ; ils énuméraient volontiers leurs mérites en ce genre.
Tout cela était très discuté par les opposants. On critiquait vivement l'organisation financière de la secte, les collecteurs d'offrandes, les messagers salariés. On prétendait que prophètes et prophétesses
1. Eus., H. E., V, § 3 : triv tojv -/.a-à M.CK~a6.lr^^ Asyoï^ivwv aïpsaiv (il faut évidemment corriger MiA-:iao-/;v en 'AX7,i,3ia5r,v). Cf . V, 3, § 4, où la secte est désignée par l'expression: oî a[;.iyl tov Movxavbv y.ai 'AXy.iiiiaè'r;v %<xi ©ecBoTCV.