Ibid, V, 16, § 17 : V
menaient une vie agréable, élégante même, aux frais de leurs adeptes. « Jugeons-les sur leurs œuvres, » disait-on. Est-ce qu'un prophète se lave, se farde, » soigne sa toilette ? Est-ce qu'il joue aux dès ? Est- » ce qu'il prête à intérêt ? »i. On élevait des doutes sur la virginité de Priscille, qui, disait-on, avait, tout comme sa compagne Maximille, abandonné son mari pour s'attacher à Montan. Thémison était un faux confesseur : il avait acheté sa mise en liberté. Un autre confesseur, très honoré dans la secte, un certain Alexandre, valait beaucoup moins encore. S'il avait comparu devant les tribunaux, ce n'était pas comme chrétien, mais comme brigand. La chose s'était passée sous le proconsulat d'iEmilius Frontinus^ ; on pouvait s'en assurer dans les archives d'Ephèse.
Montan et Priscille moururent les premiers. Maximille demeura seule. L'opposition dont la secte était l'objet la faisait beaucoup souffrir. Le Paraclet gémissait en elle : « On me poursuit comme un loup. Je ne suis pas loup, je suis Parole, Esprit et Puissance » Elle finit par mourir, après avoir annoncé des guerres et des révolutions .Les gens malveillants prétendirent qu'elle s'était pendue ; on racontait la même chose de Montan; quant à Théodote, on disait que, dans une extase, il s'était élevé vers le ciel et qu'il s'était tué en tombant. Ces commérages sont rapportés par l'Anonyme^ d'Eusèbe, mais il déclare expres-