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LE MONTANISME 277
sèment qu'on ne saurait s'y fier. Il a bien raison. Ce n'est pas avec des historiettes que l'on peut rendre compte d'une agitation religieuse aussi considérable que celle-ci. La mort des prophètes ne l'apaisa pas. Treize ans après celle de Maximille, la communauté chrétienne d'Ancyre se divisait sur la nouvelle prophétie. Il fallut, longtemps encore, discuter et écrire contre les montanistes, et cela non seulement en Asie-Mineure, mais à Antioche, à Alexandrie et dans les églises d'Occident. L'évêque d'Antioche Sèrapion les combattit dans une lettre adressée à Caricus et Pontius ; il s'y trouvait plusieurs signatures d'évêques avec leurs protestations contre les novateurs^. Clément d'Alexandrie annonce, dans ses Siromates^, un livre « sur la Prophétie », où il se proposait de traiter le même sujet. Mais c'est surtout en Occident qu'il importe de suivre l'histoire du montanisme.
Dès l'année 177, au temps des martyrs de Lyon, la nouvelle prophétie passionnait les esprits en Gaule et à Rome. La jeune église de Lyon, qui comptait parmi ses membres des asiates et des phrygiens, était en situation d'être avertie de ce qui se passait en Asie. A Rome aussi la question se posa de bonne heure, et, comme en bien d'autres endroits, elle causa d'abord de grandes perplexités. Les confesseurs lyonnais écrivirent à ce sujet, du fond de leur prison, « aux frères d'Asie et de Phrygie et aussi à Eleuthère,