‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 97 sur 205 · Sur cet écrivain antimontaniste, v. p · texte numérisé non relu

Sur cet écrivain antimontaniste, v. p

2. Aug., Contra haereses, 86. C'est sans doute la dénomination, usuelle à Carthage, de Tertullianistes, qui a porté saint Augustin à croire que les Tertullianistes étaient une secte différente des montanistes et que Tertullien, après avoir été d'abord montaniste, se serait séparé des Cataphryges pour former une secte particulière. — Sous l'usurpateur Eugène (392-394), une dame tertullianiste, Octaviana, venue d'Afrique à Rome, réussit à installer son culte dans l'église des saints Procès et Martinien, sur la voie Aurélia (Praedestinatus, G. 86). Il résulte de ce fait que les montanistes n'avaient à Rome, en ce temps là, aucun lieu de réunion.

LE MONTANISME 281

Saint Hippol>i;e s'occupe des montanistes, mais sans insister beaucoup ; il s'en prend à leurs jeûnes et surtout à leur confiance en Montan et en ses prophétesses. Un autre écrivain romain, Caïus, écrivit contre Proclus un dialogue dont nous avons quelques lignes^. Il ne semble pas que la secte ait jeté de bien profondes racines dans le sol romain, car après saint Hippolyte il n'en est plus question.

En Phrygie elle dura bien plus longtemps. La nouvelle Jérusalem demeura en vénération. Là se trouvait la communauté-mère. A l'exode en masse les pèlerinages annuels s'étaient substitués de bonne heure. Il y avait une grande fête, Pâques ou Pentecôte qui commençait par des jeûnes et offrait d'abord un appareil lugubre, pour se terminer par de grandes réjouissances. Aux prophètes et à leurs premiers lieutenants avait succédé une organisation durable. La première place était occupée par les patriarches, au dessous desquels venaient les Kenons^. Ces deux degrés paraissent avoir représenté la direction générale du parti ; la hiérarchie locale, évêque, prêtres, etc. leur était subordonnée. Les femmes avaient joué un grand rôle à l'origine du mouvement ; elles conservèrent toujours, dans la secte, une situation plus grande que dans l'Eglise. Celle-ci avait connu des prophétesses, tout comme les montanistes ; elle avait

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