LA FIX DU JUDÉO-CHRISTIAXISME
été rapporté par l'apôtre Barthélémy, premier missionnaire de ces contrées lointaines.
Cependant, même avec cette diaspora. Téglise judaïsante resta toujours peu nombreuse. Elle eut sans doute à souffrir, sous Trajan et sous Hadrien, des calamités qui s'abattirent alors sur la nation juive. Au temps d'Origène elle faisait petite figure. Le grand exégète écarte ^ l'idée que les IMCOD élus d'Israël, dans l'Apocalypse, puissent représenter des judéo-chrétiens: ce chiffre lai semble trop élevé. Comme Origène écrit après deux siècles d'Evangile, son comput doit s'étendre à cinq ou six générations. On voit qu'il n'a pas l'idée de grandes multitudes.
Il y avait encore des Xazaréens au TV' siècle. Eusèbe, saint Epiphane, saint Jérôme, celui-ci surtout, les ont connus. C'est le plus souvent à propos de leur évangile qu'il est question d'eux. Quand on parle de leur doctrine, l'appréciation n'est pas favorable l Ça et là on distingue chez eux quelques traces de l'influence exercée par la grande Eglise ou même de rapprochement avec elle. La fusion s'opéra sans doute, mais par démarches
* In Joh., I, 1.
' «Quid dicam de Hebionitis qui cliristianos se «imulant? Usque hodie per totas Orientis synagogas inter Judaeos haeresis est quae dicitur Minaeorum et a Pharisaeis nuuc usque dananatur, quos vulgo Nazaraeos nuncupant, qui creduut iu Christum filinm Dei natnm de virgine Maria et eum dicuut esse qui sub Pontio Pilato passus est et resurrexit. in quem et nos credimus. Sed dum volunt et Judaei esse et Christiani, nec Judaei sunt nec Christiani » . Saint Jérôme, Ep. ad August. 89. — Saint Epiphane les classe sans hésiter parmi les hérétiques [Haer., XXIX).
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individuelles. Aucune des communautés judéo-chrétiennes n'entra comme telle dans les cadres des patriarcats orientaux.
Ainsi finit le judéo-christianisme, obscurément et misérablement. L'Eglise, à mesure qu'elle s'était développée dans le monde gréco-romain, avait laissé son berceau derrière elle. Elle avait dû s'émanciper du judéochristianisme, tout comme du judaïsme lui-même. A son dernier voyage' à Jérusalem, saint Paul avait eu à subir et les brutalités des juifs et la malveillance des judaïsants; c'est auprès des Romains qu"il avait trouvé refuge et protection relative. Cette situation est symbolique.
Mais ce n'est pas seulement au judaïsme légaliste que saint Paul avait eu affaire. Il avait aussi rencontré sur son chemin un judaïsme raffiné, qui superposait aux observances mosaïques des rites particuliers et des pratiques d'ascétisme, en même temps qu'il complétait la simple foi d'Israël par de hautes spéculations religieuses ou philosophiques. Les Esséniens, sur le sol de la Palestine, Philon et les gens de son tj'pe dans la Dispersion, représentent des formes diverses de cette tendance à perfectionner la tradition. Elle ne manqua pas de se faire sentir dans les primitives communautés chrétiennes. C'est à ce judaïsme sublime que se rattachaient les docteurs que saint Paul combattit dans ses lettres aux Asiatiques et ceux que saint Ignace connut plus tard. Il| s'exprime, en particulier, dans la doctrine de Cérinthe.j Au second siècle, il semble que ce mouvement se soit,