‹ Histoire ancienne de l'église (volume 4)Chapitre 18 sur 68 · LA FIX DU JUDÉO-CHRISTIAXISME · texte numérisé non relu

LA FIX DU JUDÉO-CHRISTIAXISME

un peu apaisé : à tout le moins cesse-t-il cVêtre perceptible dans le tapage des sectes gnostiques. Une centaine d'années après Cérinthe et saint Ignace, il est de nouveau question d'une propagande judéo-chrétienne de ce type \ Au temps du pape Calliste (217-222) un certain Alcibiade, venu d"Apamée en Syrie, la représentait à Eome. Il était porteur d'un livre mystérieux, communiqué, dans le pays fabuleux des Sères, à un homme juste appelé Elkasaï, Tan 3 de Trajan ilOÛj -. Elkasaï l'avait reçu d'un ange haut de trente lieues, appelé le Fils de Dieu: près de lui figurait un être femelle, de même dimension, le Saint-Esprit ^ La révélation n'est qu'une prédication de pénitence, ou plutôt de purification par le baptême incessamment renouvelé. L'initié se plongeait dans l'eau en invoquant les sept témoins, c'est-à-dire le Ciel, l'Eau, les Esprits saints, les Anges de la prière, l'Huile, le Sel, la Terre. Cette cérémonie, outre qu'elle purifiait du péché, guérissait aussi de la rage et autres maladies. Il y avait des formules composées de mots syriaques que l'on prononçait à rebours.

» PhUosopJi., IX. 13; cf. Origène (Eus., H. E., YI, 3Si et Epiphane, Haer., XXX.

* Il n'est pas impossible qu'un tel livre ait existé et même qu'il ait été écrit au temps de Trajan. Le fond de celui-ci était une prédication de pénitence ; on ne voit pas pourquoi les Elkasaïtes d"Alcibiade, s'ils l'avaient fabriqué eux-mêmes, seraient ailes cherclier si loin un message de pénitence. En ce genre de choses la promulgation est suivie de près par l'effet. Que l'on se rappelle la prédication d'Hermas, à peu près contemporaine de celle d'Elkasaï. Cf. Harnack, Chronologie, II, p. 167, 537.

3 Le mot Esprit, dans les langues sémitiques, est du féminin.

DcciiK-SNE. Hist.'auc. de l'Egl. - T. I.

Cette secte ne paraît pas avoir eu beaucoup de succès eu deliors de son pays d'origine, où elle se diversifia sans doute, car saint Epiphane en connaît plusieurs variétés, qu'il décrit sous les noms d'Osséens, d'Ebionéens, de Sampséens. De son temps tout cela était confiné dans les pays situés à l'est de la Mer Morte et du Jourdain. De la famille d'Elkasaï il restait encore deux femmes, Martlious et Marthana, que leurs coreligionnaires tenaient en grande vénération. ;

Ces sectaires observaient les rites juifs, mais, sur la, canon des Ecritures, ils avaient des idées spéciales. Les Prophètes étaient répudiés. De la Loi ou écartait tout ce qui a trait aux sacrifices. L'apôtre Paul était honni et ses lettres rejetées. Le Nouveau Testament s'ouvrait par un évangille dont saint Epipbane nous a conservé quelques fragments. Ce texte se présentait comme rédigé, au nom des Douze apôtres, par saint Matthieu Ml y avait aussi des histoires sur les apôtres, contenues dans des livres spéciaux, comme les « Kérygmes de Pierre » , d'où dérivent les Clémentines '. et les « Ascensions de

• Il faut bien se garder de confondre avec cette production assez tardive, soit l'évangile des Hébreux dont il a été question ci-dessus, soit surtout le très ancien recueil de Logia dont parle Papias et qui paraît être une des sources de notre évangile canonique de saint Matthieu. Le nom de cet apôtre a été particulièrement exploité par les fabricateurs d'aijoci-ypbes. Clément d'Alexandrie (Paedag., II, 1) se représente saint Matthieu comme un végétarien de profession. Je ne sais où il a pris cela, mais cette, circonstance était bien faite pour le recommander aux Elkasaïtes. ;

* Les nouvelles études sur les Clémentines (Waitz, Die Pseuduldcmctdinen, dans les Texie luul Uni., t. XXT, fasc. 4; cf. Har-j iiack, Chronologie, II, p. 518 et suiv. i établissent ainsi qu'il suit;

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