Julien, Ep
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clergé politique, auquel l'appui du gouvernement faisait maintenant défaut. Eudoxe et Euzoïus, après avoir souvent maudit ces importuns, jugèrent prudent de se rapprocher d'eux. Eudoxe aurait voulu les faire réhabiliter par Euzoïus, Euzoïus par Euduxe ; ils se renvoyaient l'un à l'autre cette tâche compromettante. Entin l'évêque d'Antioche se décida à casser tout ce que le concile de Gonstantinople avait fait contre les Anoméens. Mais il ne se pressait pas de publier sa sentence, si bien qu'Aèce et son monde, impatientés, prirent le parti de s'organiser ' entre eux et de faire schisme. Aèce fut ordonné évêque ; d'autres membres du parti reçurent aussi la consécration épiscopale et furent envoyés dans les provinces pour diriger les fidèles Je l'anoméisme. Eudoxe laissait faire. Du reste, qu'eût-il pu empêcher ? On alla jusqu'à lui donner un compétiteur, en organisant, à Gonstantinople même, une église anoméenne, dont les deux premiers évêques furent Poemenius et Florentins. Avec Euzoïus on employa plus déformes; Théophile, le saint du parti, fut envoyé à Antioche pour tâcher de s'entendre avec l'évêque, faute de quoi il devait organiser contre lui ce que la grande ville contenait d'anoméens.
Ce beau feu se calma quand, à la fin de 364, Eudoxe eut réussi à se mettre dans les bonnes grâces de Valens et à lui faire reprendre la tradition que la mort de Constance avait interrompue. A Antioche, Euzoïus prit une altitude hostile; il ne se gêna plus pour traiter Théophile de nègre et ses disciples de coureurs de nuages. Eudoxe, lui, les appelait des fléaux. Aèce rentra dans son île de
^Lesbos; Eunomese retira dans une propriété qu'il avait à Chalcédoine. Ils avaient renoncé l'un et l'autre à exercer les fonctions sacerdotales, mais ils n'en demeuraient pas moins les chefs et comme les prophètes du parti.
Peu après survint la compétition de Procope '. L'usurpateur, au temps (363 364) où il menait la vie daventurier, avait trouvé asile chez Eunome, à Chalcédoine. Quand il se fut emparé du pouvoir, plusieurs des amis d'Eunome et Aèce lui-même furent accasés d'avoir pris fait et cause contre l'usurpation ; Eunome intervint et réussit à les tirer d'affaire. Mais Valens revint et il fallut payer ce moment de faveur. Maltraités parla réaction, les chefs anoméens invoquèrent l'appui d'Eudoxe, qui, n'ayant plus fcesoin d'enx, les traita de haut ; loin de les plaindre, il leur disait qu'ils avaient mérité bien d'autres châtiments. Aèce, retiré depuis quelque temps à Gonstantinople, auprès de Florentius, mourut alors: Eunome lui ferma les yeux et ses partisans lui firent de splendides funérailles.
1 Procope, parent éloigné de Julien, fnt éleyé par lui à de hautes fonctions et même, dit-on. choisi comme successeur éventuel. Il parait avoir été païen, ou du moins l'être devenu momentanément, pour plaire à son cousin. Peu après l'avènement de Jovien, il erut devoir se cacher, craignant d'être considéré comme prétendant et traité en conséquence. Après beaucoup d'aventures, il finit par se faire proclamer empereur à Gonstantinople (28 septembre 365) et remporta d'^abord quelques succès, qui le firent reconnaître dans les provinces asiatiques les plus -voisines du Bosphore. Au printemps 366, Valens eut raison de son compétiteur, qui fut pris et décapité (27 mai).
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Quant à Eunome lui-même, impliqué dans un procès politique, il fut exilé en Mauritanie. Gomme il s'y rendait, il passa par Mursa en Pannonie, où l'évèque Valens, l'ancien disciple d'Arius, le prit sous sa protection. Il fit même si bien qu'Eunome fut rappelé. Ce ne fut pas pour longtemps. Eunome ne savait pas se tenir tranquille. Il continuait à diriger et à défendre son parti, polémiquant sans cesse avec les docteurs orthodoxes, Didyme, Apollinaire, Basile, les deux Grégoire. Sous Valens, le préfet Modeste, avec lequel saint Basile aussi eut affaire, l'exila, comme fauteur de troubles ecclésiastiques, dans une île de l'Archipel. Sous Gratien et Théodose, les Eunomiens perdirent le droit de se réunir. Leur chef fui exilé de nouveau à Halrayris sur le bas Danube, puis à Gésarée de Gappadoce, où le souvenir de ses conflits avec saint Basile lui valut tant d'ennuis qu'il dut se retirer à Dakora, dans une localité de campagne. Il vivait encore, en 392, au moment où saint Jérôme publiait son catalogue des auteurs ecclésiastiques. Après sa mort on l'enterra à Tyane.
G'est dans la seconde Gappadoce, dont cette ville était la métropole, que naquit, au bourg de Verissos, l'historien Philostorge. Ses parents étaient eunomiens. Il fut élevé dans les principes de la secte et c'est à ce point de vue qu'il écrivit, sous Théodose II, une histoire ecclésiastique dont il ne subsiste que des extraits. Dans sa jeunesse il avait connu Eunome, qui lui laissa un profond souvenir. Un peu bègue, le visage ravagé par une maladie de peau, le prophète avait pourtant du
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charme et de Téloquence. Aèce, esprit subtil et vif à la réplique, était un maître en dispute ; Eunome, lui, était réputé pour la clarté de son exposition.
C'est grâce à Philostorge que nous connaissons l'histoire et même les historiettes de l'anoméisme. Malgré la considération religieuse dont jouissaient quelques-uns de ses chefs, Aèce, Eunome, Théophile, ce parti n'eut jamais beaucoup d'importance numérique. Cependant, comme il représentait, au point de vue doctrinal, la plus claire expression de l'arianisme, il fit assez longtemps figure dans les discours et les écrits des controversistes, enclins, dès ces temps reculés, à s'escrimer contre les morts.