CHAPITRE PREMIER
La mer Rouge (Arabicus sinus), étroite et peu profonde, a près de 250 myriamètres de longueur; le golfe Persique ( sinus Persicus) est plus large mais moins long. La mer Érythrée forme aujourd'hui le golfe d'Oman, et le sinus Gangeticus le golfe du Bengale. Le Magnus sinus est le golfe de Siam ; le Alaximus sinus la mer de Chine.
Quant à ses montagnes l’Asie reproduit presque notre Europe, mais dans des proportions colossales. Comme le continent européen, elle est divisée en deux parties par une série de hauteurs qui courent de l’ouest à l’est, sur une ligne immense de 900 myriamètres. Ces montagnes asiatiques, qu'on voit poindre dans les îles de Rhodes, de Samos et de Lesbos, se prolongent par le Taurus jusqu’au Caucase. L’Arménie semble être le centre géologique de ce système de montagnes, qui de là rayonnent en divers sens. Au nord s’en va le Caucase, à l'ouest-sud-ouest le Taurus, au sud-ouest le Liban et l’Anti-Liban, qui se termine dans la péninsule Arabique, aux monts Horeb et Sinaï. Un autre rameau se détache du plateau de l’Arménie et se perd dans les déserts de la Mésopotamie ; un troisième descend par la Médie et la Perse jusque sur les bords du golfe Persique; un quatrième, enfin, tourne droit à l'est, passe au sud de la Caspienne, et va se réunir aux groupes immenses de l’Altaï et de l’Himalaya, dont les derniers rameaux forment les grandes presqu’îles des mers orientales.
Le Caucase a une cime, l’Elbrouz, haute de 5600 mètres ; le mont Ararat, en Arménie, lui est de peu inférieur. Le Taurus, aujourd’hui Ala-Dagh, atteint, près de Satalia, 2400 mètres; l’Olympe, près de Brousse ( Prusa ), 2800. Le Liban mesure, au nord de Baalbeck, 3400 mètres, le Sinaï 2300, l’Horeb 2800. L’Altaï, qui court parallèlement à l’Himalaya, n’a que 5000 à 6000 mètres; mais certains pics de la dernière chaîne montent au-dessus de 8000 mètres.
La chaîne de l’Altaï est double; en outre, des chaînes transversales viennent relier l’un à l’autre l’Altaï et l’Himalaya; de sorte que l’Asie centrale est comme découpée en immenses carrés, dont le sol, naturellement élevé, forme de grands plateaux : celui du Tibet orientaletduKhoukhou-Noor,
haut de 3000 à 4000 mètres; celui du Tibet occidental, dans les hautes vallées de l’Indus et du Setledje, presque aussi élevé; ceux de la Mongolie, de 800 à 1300 mètres; de la petite Boukharie, de 2000 h 3000 mètres, etc.
Tout le nord de l’Asie n’est que la continuation de l’immense plaine que nous avons déjà reconnue au nord de l’Europe. Sur la côte orientale s’étend, de Pékin au grand fleuve Kiang, une vaste et fertile plaine que le Houang-Ho traverse, et qui a 100 myriamètres d’étendue du nord au sud. Mais au centre et au sud-ouest sont d’immenses déserts, qui forment, du sud-sud-ouest au nord-nord-est, sur une longueur de 700 myriamètres, une ligne presque continue de plaines stériles et peuplées seulement de tribus nomades, habituées aux courses lointaines et aux excursions rapides. Il importe de remarquer ce trait particulier de la configuration physique de l’Asie, car il nous explique une partie de son histoire. Si, en effet, les peuples montagnards dont toutes les communications sont difficiles, vivent dans l’isolement et ne forment ordinairement que de petites tribus sédentaires, dont tout le territoire est l’étroite vallée qui les enferme, les habitants, au contraire, des grandes plaines et des déserts, qu’aucune barrière naturelle ne sépare, errent sans cesse d'une extrémité à l’autre de leurs vastes solitudes, et se réunissent parfois en armées innombrables qui changent la face de tout un continent. Telles furent, à diverses époques, les invasions des Scythes, des Huns, des Arabes, des Mongols et des Turcs.
Cette immense ligne de déserts a si complètement isolé les nations qu’elle sépare, que leur histoire ne s’est jamais mêlée, pas plus que leur vie, si ce n’est de nos jours, où la civilisation européenne pénètre dans l’Inde et la Chine; encore n’y a-t-elle réussi qu’en attaquant ces deux pays par mtr.
D’après la direction de ses montagnes, c’est au nord et à l’est que l’Asie doit avoir ses plus grands fleuves. La Sibérie est, en effet, traversée, du sud au nord, par l’Obi, le Jenisseï et la Lena. Les plus grands fleuves de l’empire chinois sont, du nord au sud, l’Amour, le Houang-Ho, ou fleuve Jaune, et le Kiang, ou fleuve par excellence. De l’Hymalaya descendent