‹ Histoire ancienne de l'OrientChapitre 22 sur 47 · Cf. Hérod.,liv . I, chap. clxxix · texte numérisé non relu

Cf. Hérod.,liv . I, chap. clxxix

3. D’après les calculs de M. Oppert, ce chiffre répond aux 480 stades d’Hérodote.

4. C’était un des titres de gloire du monarque babylonien. Dans toutes ses inscriptions, il ne manque pas de se dire le reconstructeur de la Pyramide et de la Tour aux sept Bphères. M. Rawlinson a retrouvé à Birs-Nimroud l’inscription commémorative de cette reconstruction. Elle est assez intéressante pour que nous la reproduisions ici.

a Nabuchodonosor , roi de Babylone, serviteur de l’Être éternel, témoin ds l’iminuable affection de Mérodach, le puissant empereur qui exalte Nébo, le sauveur, le sage qui prête son oreille aux injonctions du Dieu suprême; te vicaire du Dieu qui n’abuse pas de son pouvoir, le reconstructeur «le la Pyramide et de la Tour, fils aîné de Nabopolassar, roi de Babylone, moi.

Nous disons : Mcrodach, le grand seigneur, m’a lui-même engendré; il a m’a enjoint de reconstruire ses sanctuaires. Nébo, qui surveille les légions « du ciel et de la terre, a chargé ma main du sceptre de l.a justice.

« La Pyramide est ie temple du ciel et de la terre, la demeure du mailro

ration des quais de l’Euphrate et d’autres travaux entrepris pour enrichir le pays. Non content, en effet, d’orner et d’embellir « la ville de sa royauté, » comme il l’appelle dans les monuments, Nabuchodonosor songea aussi, en même temps qu’à sa défense, à la fertilité de la Babylonie et à l’extension de son commerce. C'est ainsi qu’il dériva de l’Euphrate le canal royal ou Naarmalcha, qu’il fit creuser un lac immense au-dessous de Siphara,pour servir à l’arrosement de la plain- .. et qu’il assura la navigation du golfe Persique en fondant Teredon, à l’embouchure du fleuve.

Après avoir accompli ces grandes choses, Nabuchodonosor se crut un dieu, et voulut que chacun se prosternât devant

« des dieux, Mérodach; j’ai fait recouvrir en or pur le sanctuaire où repose « la souveraineté.

« La Tour, la maison éternelle, jo l’ai refondée et bâtie; en argent, en « or, en autres métaux, en pierre, en briques vernissées, en cyprès et en « cèdre, j’en ai achevé la magnificence.

« Le premier édifice, qui est le temple des bases de la terre, et auquel se « rattache le plus ancien souvenir de Babylone, je l’ai refait et achevé; en « briques et en cuivre, j’en ai élevé le faite.

« Nous disons pour l’autre, qui est cet édiflce-ci :

« Le Temple des sept lumières de la terre, et auquel se rattache le plus « ancien souvenir de Borsippa, fut bâti par un roi antique (on compte de là « quarante-deux vies humaines), mais il n’en éleva pas le faite. Les hommes « l’avaient abandonne depuis les jours du déluge , en désordre proférant leurs « paroles. Le tremblement île terre et le tonnerre avaient ébranlé la brique < crue, avaient fendu la brique cuite des revêtements; la brique crue des « massifs s’était éboulée en formant des collines. Le grand dieu Mérodach a « engagé mon cœur à le rebâtir; je n’en ai pas changé l’emplacement, je « n’en ai pas attaqué les fondations. Dans le mois du salut, au jour heu- « roux, j’ai percé par des arcades la brique crue des massifs et la brique « cuite des revêtements. J’ai inscrit la gloire de mon nom dans les frises des « arcades.

« J’ai mis la main à reconstruire la Tour et à en élever le faite : comme « jadis elle dut être, ainsi je l’ai refondée et rebâtie; comme elle dut être dans « les temps éloignés, ainsi j’en ai élevé le sommet.

« Ného, qui l'engendres loi-même, intelligence suprême, dominateur qui k exaltes Mérodach, sois entièrement propice à mes œuvres pour ma gloire. « Accorde-moi, pour toujours, la perpétuation de ma race dans les temps « éloignés, une fécondité septuple, la solidité du trône, la victoire de l’épée, « la pacification des rebelles, la conquête des pays ennemis! Dans les colonnes « de ta table éternelle, qui fixe les sorts du ciel et de la terre, consigne le « cours fortuné de mes jours, inscris-y la fécondité.

«■ Imite, ô Mérodach, roi du ciel et de la terre, le père qui t’a engendré, « bénis mes œuvres, soutiens ma domination !

« Que Nabuchodonosor, le roi qui relève les ruines, demeure devant ta « face! »

LES ASSYRIENS

une statue qu’il avait fait élever. Trois Hébreux résistèrent; et témoin du miracle par lequel Dieu les avait 'préservés des flammes, le roi de Babylone, dit la Bible, rendit hommage au Dieu des Juifs. Mais son orgueil n’en subsista pas moins, et un jour qu’il se promenait dans son palais, il commença à dire : « N’est-ce pas là cette grande Babylone dont j’ai fait le siège de mon royaume, que j’ai bâtie dans la grandeur de ma puissance et dans l’éclat de ma gloire 1 ? » A peine le roi avait-il prononcé ces paroles, qu’on entendit cette voix du ciel : « Voici ce qui vous est annoncé, ô Nabuchodonosor : votre royaume va passer en d’autres mains. On va même vous chasser de la compagnie des hommes ; vous habiterez avec les bêtes de la campagne, et sept années se passeront sur vous jusqu’à ce que vous reconnaissiez que le Très-Haut a un pouvoir absolu sur les royaumes des hommes, et qu’il les donne à qui il lui plaît. »

Ce décret fut aussitôt accompli ; et Nabuchodonosor, frappé de la plus abjecte démence, fut chassé de la société des hommes et réduit à se nourrir d’herbes comme les animaux. Ce ne fut qu'au bout de sept ans qu’il revint à lui et reprit possession du pouvoir. Quelque temps après, Nabuchodonosor mourut, après un règne de quarante-trois ans, en prédisant, dit-on, la ruine de l’empire assyrien (561). Son successeur fut son fils Évilmérodach, prince vicieux et cruel, qui fut tué par Nériglissor, son beau-frère (559). Nériglissor lui-même ne régna que quatre ans, et périt dans une grande bataille qu’il livra aux Médo-Perses, commandés par Cyrus. Son successeur, Laborosoarchod, ne fit que passer sur le trône, d’où le précipitèrent les grands du royaume, révoltés des instincts cruels qu'il montrait, malgré son extrême jeunesse. Ils élevèrent à sa place Nabonid, le Labynétos d’Hérodote, le Balthazar de Daniel. Cyrus venait alors de triompher des Lydiens, lorsqu’il ramena son armée victorieuse devant Babylone. Les circonstances de la prise de cette ville sont diversement racontées. Selon Hérodote, Labynétos, après avoir perdu une. bataille, se renferma dans sa capitale, plein de

Oaniel - chap. iv, v. 27, 28, 29.

confiance dans ce réseau de canaux et de fortifications qui paraissaient la rendre imprenable, et dans les mesures qu’il avait prises d’avance, en prévision d’un siège *. Mais Cyrus tourna contre Babylone un des moyens de salut qu’avait voulu lui donner Nitocris : il mit l’Euphrate à sec, en dérivant ses eaux dans le réservoir latéral creusé par cette reine ; puis, profitant du désordre d’une fête, il s’introduisit par le lit du fleuve devenu guéable, dans cette ville imprévoyante, qui n’avait pas même fermé les portes d’airain de ses hauts quais.

Le récit d’Hérodote s’accorde au fond avec la peinture si vive, si saisissante de Daniel, qui nous montre la main mystérieuse traçant sur le mur de la salle du festin ces funèbres caractères Mané , Thécel, Pharès, dont la vue épouvanta Balthazar. Mais tandis que l’un et l’autre font périr le roi de Babylone, Bérose, l’iiistorien national des Ghaldéens, représente Nabonid cherchant après sa défaite un refuge à Borsippa , et s’y renfermant. Bientôt Babylone est prise ; le roi se rend alors à Cyrus et obtient de la générosité du vainqueur la faveur de terminer obscurément ses jours en Carmanie, après dix-sept ans de règne (538) *.

Babylone resta sous les rois de Perse une' des capitales de leur empire. Plusieurs fois la fière cité essaya de relever la tête ; mais ses révoltes n’eurent d’autre résultat que d’appeler sur ses habitants les vengeances des vainqueurs. Darius renversa ses tours, ses murs et les fortifications immenses dont nous avons parlé. Un peu plus tard, Xerxès continua l’œuvre de son père, et mit la main sur la statue du dieu Nébo et sur les trésors du temple de Mérodach.

Le vainqueur des Perses, Alexandre, adopta une autre politique; frappé de la beauté et des avantages de la situation de Babylone, il songea à la faire sortir de ses raines,

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