I. Foy. Hérod., liv. I, chap. clxvui
3. On a essayé de concilier ce» deux traditions, en supposant que deux princes avaient occupé, en même temps, le trône de Babylone, ce qui n’a rien d’invraisemblable. Suivant cette opinion, Nabonid, l’élu des grands, aurait associé à l’empire un petit-lils de Nabuchodonosor, Balthasar, Bis d’Évilmérodack ; ce serait le Balthasar de Daniel.
LES ASSYRIENS. 67
mais le grand homme mourat avant d'avoir achevé son entreprise.
Les Séleucides voulurent avoir une capitale bâtie par euxmêmes et portant leur nom; il fondèrent Séleucie sur les bords du Tigre ; et les privilèges qu’ils accordèrent à ceux qui venaient s’y établir firent déserter Babylone. La nouvelle capitale eut jusqu'à 600 000 habitants. Cette prospérité ne dura pas plus longtemps que celle des nouveaux maîtres de l’Orient. Quand les Parthes eurent saisi l’empire de l’Asie, ils firent contre Séleucie ce que Nicator avait fait contre Babylone, ils fondèrent une nduvelle cité, Ctésiphon ; celle-ci à son tour fut remplacée par la ville arabe de Bagdad, qui subsiste encore, tandis que les autres sont en ruine ou ont disparu. Bagdad, la dernière venue, aurait la même grandeur que ses sœurs aînées, si le commerce du monde n’avait pas pris d’autres voies. O’ est Alexandrie qui tuâ toutes ces villes , en attirant dans la mer Rouge et l’Égypte le commerce de l’Inde
Du temps de Pline, Babylone était déjà déserte. Aujour* d’hui, il ne reste plus de l’immense cité qu’un amas de ruines et un inépuisable magasin de matériaux où les populations voisines viennent incessamment prendre ce qui est à leur convenance, surtout de belles briques cuites au feu et parfaitement moulées, des fragments de vases d’albâtre, des pots de terre, des tables de marbre et des tuiles vernies. Le débris le plus considérable est, nous l’avons dit plus haut, une colline appelée parles habitants Bifs-Nemrod. Ce qui survit encore de ce monument sert d’abri aux bêtes fauves du désert.
Ainsi s'accomplit la prophétie d’Isaïe ; « Je vais susciter contre Babylone les Mèdes, qui ne Chercheront ni l’or ni l’argent, mais qui perceront de leurs flèches les petits enfants et n’épargneront pas le sein qui les nourrit. Et cette Babyione si fière entre tous les empires, la gloire et l’orgueil des Cbâldéens, sera ce que le Seigneur a fait de Sodome et de Gomorrhe. Elle ne sera plus habitée dans la suite des générations. On ne verra même pas l’Arabe y dresser sa tente, ni le pâtre s’y reposer. Les bêtes féroces y auront leurs demeures; les maisons seront remplies de dragons, les
autruches y habiteront, et des monstres aflreux se vautreront dans ces palais de volupté *. »
Religion.
Grâce aux savantes explorations doht les contrées voisines du Tigre et de l’Euphrate ont été le théâtre pendant ces dernières années, nous avons sur la mythologie assyro-babylonienne des notions un peu plus précises que celles qui nous avaient été transmises par les Grecs. Toutefois, il règne encore une grande obscurité sur cette religion qui, sauf quelques différences, était commune aux deux grandes cités sémitiques.
Nous ne pouvons donc songer à donner ici une exposition développée de ses origines et des variations qu'elle a pu subir; et nous nous bornerons à indiquer le plus exactement possible le caractère et les attributs des divinités que les monuments nous font connaître.
Le dieu principal de Ninive était Assur, le fondateur de l’empire assyrien , qui fut divinisé par ses descendants. C’était la divinité suprême des Assyriens, le chef des dieux, celui qui, dans l’inscription de Khorsabad, « donne la victoire au glaive du roi qui l’adore, et protège les fondements de la ville. » Il est souvent associé à Ninip Sandan, « le fils du Zodiaque, le promoteur des mouvements célestes ; » à Nebo, « le gardien des légions du ciel et de la terre, l’intelligence suprême, celui qui a dans ses attributions l’institution des monarques, qui donne le sceptre aux rois et préside à leur sacre ; » à Mérodach, « le grand seigneur qui confie au roi le commandement des nations. » « Mais, ajoute M. Oppert, à qui nous empruntons ces détails, il ne paraît pas que la divinité de Mérodach occupe une grande place à Ninive, ville peu renommée pour son savoir astronomique, tandis qu'à Babylone, surtout du temps de Nabuchodonosor, le culte de cette divinité était dans le plus grand éclat. »
Les inscriptions de Khorsabad nous apprennent qu’il y