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LES ASSYRIENS

avait aussi, dans cette résidence royale, des temples élevés par Sargon en l’honneur de Samas (le dieu Soleil) et de Sin (le dieu Lune), et nous savons que ce prince avait donné aux • portes de la ville qu’il avait fondée les noms de quelques-uns de ses dieux. « Ao m’apporte mon bonheur : j’ai nommé les grandes portes de l’orient, portes du Soleil et d’Ao.

« Bel Dagon pose les fondements de ma ville , Mylitta Taouth.... J’ai donné aux grandes portes du raidi les noms de portes de Bel Dagon et de Mylitta Taouth.

« Oannès active les œuvres de ma main, Istar capduit au combat les hommes : j'ai appelé les grandes portes’îîe l’occident, portes d’Oannès et d’îstar.

« Nisroch Salman dirige les mariages, la souveraine des dieux préside aux enfantements; j’ai consacré les grandes portes du nord à Nisroch et à Mylitta *. »

On retrouve à Babylone la plupart des divinités que les Assyriens adoraient à Ninive. Les inscriptions de Nabuchodonosor nous apprennent que ce prince avait élevé des temples à Nébo, à Mylitta, à Zerpanit, au dieu Sin, au dieu Samas, au dieu Ao, à la déesse Nana, à Oannès, à Mérodach, à Belzarby; mais celles de ces divinités qui reparaissent le plus souvent dans les invocations du monarque babylonien sont Mérodach et Nébo. C’est à ces deux grands dieux qu’il adresse ses hommages les plus fervents; c’est à leurs sanctuaires qu’il prodigue les plus riches offrandes et les plus somptueux ornements.

Il y avait encore en Babylonie un assez grand nombre de divinités locales qui étaient particulièrement vénérées dans certaines villes. Nous lisons dans le livre des Rois que Salmanasar ayant envoyé des colons dans le royaume de Sa marie qu’il venait de soumettre, « chaque nation se forgea son dieu dans la ville où elle habitait. »

« Les Babyloniens se firent leur dieu Sochot-Bénoth, les Cuthéens, Nergal ; ceux d'Hamat adoraient Azima ; les hommes d’Avas adoraient particulièrement Nibhas et Tartak; et les Sepharvaïtes faisaient passer leurs fils par le feu, en l’hon-

4. Expédition scientifique en Mésopotamie , t. II, 4* livraison, passim.

neur d’Adrammelecli et d’Anammelech , dieux de Sepharvaîm *. f

Le culte des divinités dont nous venons de parler formait, à Babylone et à Ninive, le fond de la religion nationale; mais les Babyloniens, comme tous les peuples d l'Orient, avaient en outre une théogonie savante à laquelle les prêtres chaldéens étaient seuls initiés, et qui embrassait l’histoire entière de l’univers et de sa formation successive. Dans ce système, toutes les puissances cosmiques qui avaient présidé à la création de l’ordre universel, procédaient les unes des autres par voie d’engendrement, et, partant du dieu poisson Oannès, aboutissaient au démiurge, à l’ordonnateur définitif, à Bel, la plus haute divinité des Babyloniens, le père des dieux, en général, qui organisa à la fois le monde et la société, qui forma l’homme et les animaux de son propre sang, qui régla dans le ciel le cours des astres, comme il institua ici-bas les lois qui gouvernent les hommes. C’est lui aussi qui préserva Xisuthrus des flots du déluge, qui fit bâtir la tour des Langues (tour de Babel), qui fonda Babylone, et, après avoir achevé son œuvre sur la terre et au ciel, disparut.

 ces conceptions primitives s'ajouta tout un ensemble de doctrines fondées sur l’astrologie. Les phénomènes dont le ciel est le théâtre devinrent la cause de tous les événements qui se passent sur la terre. Le cours du soleil et de la lune, le lever et le coucher des étoiles leur avaient appris les vicissitudes des jours, des mois, des saisons, des années, la règle des travaux de l’agriculture et des occupations de la vie civile. Dans les mouvements des astres, dans les circonstances variées de leur position , dans leurs rapports entre eux et avec le soleil et la lune, ils lurent le secret des destinées humaines et des accidents de l’histoire. Us confondirent leurs vieilles croyances avec ces notions nouvelles , placèrent leurs dieux dans les astres et fondèrent une religion tout astrologique. « Les astres, dit Diodore, influent beaucoup, suivant les Chaldéens, sur la naissance des hommes, et déci-

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