‹ Histoire ancienne de l'OrientChapitre 29 sur 47 · Mémoire sur la tombe d'Ajiis, p · texte numérisé non relu

Mémoire sur la tombe d'Ajiis, p

3. M. (le Rougé a expliqué avec une pénétration ot une science merveilleuses l’urigine et les progrès de celle puissance sacerdotale qui finit par supplanter celle des rois. V. le Journal asiatique, 5” série, t. XII, p. 212 et suiv.

EGYPTE

C’est ce que prouve le martellement des cartouches et des figures des grands prêtres sur les monuments qu’ils avaient décorés.

L’usurpateur Her-Hor avait trouvé l’Égypte encore en possession d’une suprématie incontestée en Asie, et on le voit, en effet, remercier Ammon de ce que « les chefs des Rotennous viennent se prosterner à ses pieds »; mais, selon M. de Rongé, « c’est la dernière fois qu’un Pharaon s’attribuera une domination aussi étendue, et il faudra redescendre jusqu’aux Ptolémées pour retrouver sur les monuments le nom de Rotennous. » Sous les successeurs de Her-Hor, l’Égypte perdit la prépondérance qu’elle exerçait depuis plusieurs siècles, et elle fut peu à peu renfermée dans ses limites naturelles. C’est la Judée d’abord, sous les règnes de David et de Salomon, puis l’Assyrie qui l’a remplacée peu à peu dans l’Asie occidentale. Thèbes partagea naturellement la décadence de la famille royale, et la suprématie passa à d’autres villes, comme elle était passée à d'autres familles, à Tanis d’abord, puis à Bubastis, et plus tard à Sais.

La vingt et unième dynastie était originaire de Tanis ; la vingt-deuxième est Bubastite , et son chef Scheschonk nous apparaît dans la Bible et sur les monuments comme un prince guerrier et conquérant. D’abord il rétablit en Égypte l’unité de domination, comme l’indique sa devise : • Celui qui arrive à la royauté en réunissant les deux régions. » Nous le voyons ensuite intervenir dans les affaires de la Judée à la fin du règne de Salomon. « Salomon, dit la Bible, voulut faire mourir Jéroboam, mais il s’enfuit en Égypte, vers Sésae (Scheschonk) et y demeura jusqu’à la mort du roi d’Israël. » Scheschonk ne se contenta pas de donner asile à Jéroboam; il déclara la guerre à Roboam, son ennemi. « La cinquième année du règne de Roboam, Sésac, roi d’Égypte, marcha contre Jérusalem. Il avait avec lui douze cents chars de guerre et soixante mille hommes de cavalerie, et une multitude nombreuse de gens de pied qui étaient venus d’Egypte avec les Libyens, Troglodytes et Ethiopiens. Il se rendit maître des plus fortes places de Juda, et s’avança jusaue dans Jérusalem. Il enleva les trésors de la maison

du Seigneur et ceux du palais du roi, et il emporta tout avec lui, même les boucliers d’or que Salomon avait fait faire *. » (vers 960).

Ici encore les monuments confirment le récit de l’Ecriture sainte. Sur le mur méridional de la grande salle de Karaac, on voit le roi égyptien Scheschonk traînant aux pieds de ses dieux un grand nombre de prisonniers, qui portent sur la poitrine le nom des peuples et des pays auxquels ils appartiennent, et on lit sur la poitrine de l’un d’eux : Joud malk, c’est-à-dire Juda roi. Ce malheureux roi est Roboam qui figure parmi ces captifs les mains liées derrière le dos.

A Scheschonk succéda Osorkonl"; c’est lui qui, vingt-neuf ans après la prise de Jérusalem, combat Asa, roi de Juda. Il est appelé Zarak par la Bible, qui en fait un roi d’Éthiopie.

« Zarak, dit l’Écriture*, vint attaquer Asa avec une armée d’un million d’hommes, et trois cents chariots de guerre, et s’avança jusqu’à Marésa.

« Asa marcha au-devant de lui, et ils rangèrent leurs armées en bataille dans la vallée de Sephat, près de Marésa.

« Mais le Seigneur jeta l’épouvante parmi les Éthiopiens qui étaient en présence d’Asa et de Juda, et les Éthiopiens prirent la fuite. »

L’ avènement de la vingt- deuxième dynastie a donné naissance à un problème historique qui n’est point encore résolu. La plupart des noms qui figurent sur la liste de ses rois présentent une physionomie étrangère et assyrienne*. Ces noms , qu’on retrouve déjà dans la famille du grand prêtre Her-Hor, doivent-ils être attribués à des alliances de famille, et prouvent-ils que les maîtres de l’Égypte , à cette époque , voulaient seulement plaire à la nouvelle puissance qui grandissait alors sur les bords du Tigre et de l’Euphrate*? ou

1 . Les Rois, liv. II, cliap. xm, v. 30. Parap., liv. II, chap. xii, r. 3. 9 ro.

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