‹ Histoire ancienne de l'OrientChapitre 30 sur 47 · Le» nom» de Nimrotli, de Takelata, etc · texte numérisé non relu

Le» nom» de Nimrotli, de Takelata, etc

4. Voir sur cette question la belle étude de M. de Rougé dans le Journal asiatique et le mémoire de M. Mariette sur les 64 api» trouvés dans le Séra. péum (6* série, I. XII, p; 256),

ÉGYPTE

bien l’une de ces révolutions si fréquentes alors dans la vallée du Nil aura-t-elle amené sur le trône une de ces familles sémites établies en Égypte à la suite des grandes guerres de la période précédente? C’est ce qu’il n’est pas facile de décider.

La vingt-troisième dynastie, qui régna vers le commencement du huitième siècle , ne compte que quatre rois. Aucun souvenir ne s’attache à leurs noms.

La vingt-quatrième est représentée par un seul nom, celui de Bocchoris, qui a été récemment retrouvé par M. Mariette dans les souterrains du Sérapéum.

Nous ne savons presque rien de l’histoire de l’Egypte en ce temps-là. Il ressort seulement de l’ensemble des faits que ses rois ont perdu leur ascendant au dehors, à la suite des révolutions qui ne cessent d’agiter le pays. La Thébaïde est déchue de son ancienne splendeur, et le siège du gouvernement est définitivement transporté dans la Basse Égypte, C'est de là que viennent les nouvelles dynasties, mais elles n’ont pas la grandeur des anciennes, et l’anarchie, qui leur donne naissance, est aussi la cause principale de leur prompte décadence.

C’est sans doute à cet état de l’Égypte que le prophète Isaïe fait allusion dans le passage suivant :

« Les princes de Tanis sont devenus insensés, les princes de Memphis se sont égarés; ils ont séduit l’Égypte, ceux qui étaient le soutien de ses peuples.

« Et je livrerai l’Egypte entre les mains d’un maître violent, qui les dominera avec empire *. »

Les rois d’Éthiopie profitèrent de cette décadence pour envahir l’Égypte, qui devint encore une fois la proie de la domination étrangère. L’un de ces rois, qui formèrent la vingtcinquième dynastie, Sévech (le Sabaco d’Hérodote), fit Bocchoris prisonnier, et le brûla tout vivant, s’il faut en croire les historiens grecs, -vers 720. Sévech, malgré cet acte de cruauté, ne tarda pas à subir l’influence de la civilisation égyptienne. Si l’on en croit Diodore de Sicile, ce prince éprouva un singulier scrupule, et un jour ayant vu en songe

Iaaie , ch. xix, y. 3, <3.

CIIAPITRE IV.

le dieu de Thèbes, qui lui disait qu’il ne pourrait régner longtemps sur l’Égypte s’il ne faisait couper en morceaux tous les prêtres, il aima mieux abdiquer et retourner en Éthiopie que de se souiller par un meurtre.

Les stèles des Apis mentionnent deux autres rois appartenant à cette dynastie, Sévech II et Tahraka. H nous reste peu de souvenirs de ces deux règnes. On rapporte toutefois au premier de ces princes un passage de la Bible où il est dit que le roi Osée, pour résister au roi d’Assyrie, Salmanazar, implora le secours et l’alliance d’un roi d’Égypte appelé Sua. Le prince désigné sous ce nom ne peut être que le roi éthiopien, dont l’intervention du reste fut inutile.

Le troisième roi de cette dynastie est Tahraka que les monuments, d’accord avec le témoignage de la Bible et avec celui de Strabon, nous représentent comme un prince guerrier qui vainquit les Assyriens. La statue de ce roi, retrouvée par M. Mariette dans les ruines de Médinet-Abou, nous apprend qu’il triompha des Nègres et des Coptes, au sud et au nord de son empire, et il paraît même qu’il regardait l’Assyrie comme une province de ses Etats. Cette prétention peut paraître au moins singulière, et il n’est guère probable que Tahraka ait rétabli l’antique suzeraineté de l’Égypte sur les pays voisins de l’Euphrate et du Tigre, au moment même où le second empire d’Assyrie venait d’écraser le royaume d'Israël et menaçait l’Égypte elle-même1. Tahraka a pu compter parmi ses victoires le grand désastre essuyé par Sennachérib en Judée; mais l’Écriture sainte, qui nous fournit des renseignements si exacts, si précis, sur les rapports des États juifs avec les puissances voisines, qui nous a fait connaître avec détail les entreprises postérieures de Néchao cçntre les rois chaldéo-babyloniens, ne présente aucune trace des expéditions de Tahraka en Assyrie.

4 . « Quand on appelle les rois d’Égypte « maîtres de l’Asie, » on ne sait, dit Al. de Bougé, s’il faut ajouter foi à ces titres fastueux. Lors même qu’on ne les proclame que maîtres de la Syrie, il n’est pas assuré pour cela que la domination des Égyptiens sur ces contrées fut réelle. »

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