‹ Histoire ancienne de l'OrientChapitre 43 sur 47 · Volney, Poyage en Syrie · texte numérisé non relu

Volney, Poyage en Syrie

voulons parler de Tadmor ou Palmyre.

Ruines de Palmjre.

célèbre. Les deux sources d’eau douce que son sol possède furent surtout un attrait puissant d’habitation dans ce désert aride et sec partout ailleurs. Ce furent sans doute ces deux motifs qui attirèrent les regards de Salomon, et qui engagèrent ce prince commerçant à porter ses armes jusqu’à cette limite si reculée de la Judée. »

Salomon, à qui les Orientaux rapportent tant de choses, passe pour le fondateurde Palmyre. Il est plus probable qu’il l’agrandit seulement. et la fortifia. ■ Il y construisit de bonnes murailles, dit l’historien Josèphe, et il l’appela Tadmor, qui signifie lieu de Palmiers. » 'Sa position en faisait une des étapes du riche commerce dont le golfe Persique était le centre. L’histoire de Palmyre, dans les temps reculés, est fort incertaine. Après avoir tenté l’ambition des Juifs devenus conquérants, elle tenta celle de Nabuchodonosor, qui s’en empara avant de marcher sur Jérusalem. Sous les Perses elle resta obscure. Mais son éclat commença avec les successeurs d’Alexandre, quand elle se trouva placée entre les deux grandes cités que les rois de Syrie se bâtirent, Séleucie et Antioche, et sur une des deux grandes routes du commerce de l’Orient, celle du golfe Persique. Alors elle devint la capitale d’un État qui se gouvernait librement par un sénat, des assemblées du peuple et un prince, sans qu’on sache à quelle époque se constitua son indépendance. La fortune de Palmyre alla grandissant jusqu’à l’époque romaine. Ses habitants bravèrent le triumvir Marc-Antoine, qui avait imaginé de donner au lieu de solde, le pillage de leur ville à ses cavaliers. Les Palmyrénéens les repoussèrent et furent jetés, par cette trahison, dans l’alliance des Parthes. A quelle époque subirent-ils la domination romaine? On l’ignore. Un témoignage semble indiquer que ce fut au temps d’Adrien. On peut voir ailleurs, dans l 'Histoire romaine , le rôle brillant qu’elle joua au temps d’Odenath et Zénobie.

Les ruines magnifiques qui jonchent encore le sol de cette grande cité, montrent jusqu’à quel point la civilisation grecque s’y était implantée. Elles sont, avec celles de Balbeck, les plus belles de l’Asie. On y reconnaît des débris appartenant à deux époques ; les uns, peu nombreux et informes, sont

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fort anciens ; dans les autres, plus modernes, on trouve exclusivement employé l’ordre corinthien, lequel régna dans les trois siècles qui précèdent Dioclétien. Il faut se représenter une file de colonnes occupant une étendue de plus de 2600 mètres. C’est tantôt un palais à demi écroulé ; tantôt un temple, un portique, un arc de triomphe dont il ne reste debout que des pans de murs, ou de colonnes dont la seule base surpasse la hauteur d’un homme ; le tout travaillé avec un art infini. Qu’elle devait être riche et belle cette reine du désert, si ces restes tant de fois violées sont si magnifiques encorel

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