SUMÉRO-ACCADIEN TURC ORIENTAL
Dingir, dieu Tangri^ dieu.
Tin, vie Tin, âme, souffle.
Vuschii, entendre Isi:hit, entendre.
Igisch, œil Gosch, œil.
Val, être JBo/, vol, être.
Enfin, dans ces dernières années, l'analyse grammaticale et phonologique du suméro-accadien a été poussée assez loin pour qu'on pût distinguer deux dialectes dans celle langue : le dialecte nord ou accadien et le dialecte sud ou sumérien. De nombreux textes ont permis déjà de formuler quelques-unes des différences qui caractérisent ces deux dialectes. Ainsi, le son g du sumérien devient m et A en accadien :
(jwt^ faire,, devient max, Sckagaf cœur, devient schaba, AgQf derrière, devient aba,
La vocalisation sumérienne e devient souvent u en accadien ; /a, colombe, devient tu; eri^ domestique, devient uru. Relevons encore l'emploi de d pour g; de z pour d; de /pour n; nous aurons ainsi parcouru les dernières étapes des progrès scientifiques. accomplis de nos jours dans l'étude de la langue primitive de la Glialdée.
Il nous parait bien difficile que ces progrès lents et continus, qui sont le résultat des laborieuses recherches d'une pléiade de savants travaillant isolément et sans parti pris, se trouvent réduits à néant par une théorie mise au grand jour dès 1874 et qui, jusqu'ici, n'a été accueillie que par une réprobation presque générale. L'analogie, d'ailleurs, s'oppose au système de MM. Halévy et Guyard. Chez quel peuple a-t-on jamais rédigé des inscriptions monumentales destinées à être lues par tout le monde, dans un pareil système d'écriture mystérieuse, connue seulement d'un petit nombre d'initiés, et cela pendant une longue suite de siècles ? « On a dû, remarque M. Oppert, imaginer un fait inouï dans l'histoire des langues : un même idiome s'écrivant de deux manières avec les mêmes caractères phonétiques. L'une de ces façons exprimerait la prononciation de l'idiome^ et l'autre la dissimulerait sous des sons arbitraires et étrangers à la forme audible du langage : toutes deux serviraient cumulativement ! »
Mais si ce fait inouï est néanmoins vrai, comme on le prétend, qu'on dise dans quel cas et d'après quelles règles tel signe cunéiforme est substitué à tel autre signe, telle expression à telle autre ; qu'on explique l'inversion des mots dans la phrase ; qu'on démolisse tout l'échafaudage grammatical et syntactique du suméro-accadien. C'est sur ces points surtout que devrait porter le débat qu'il faut éviter de restreindre à des questions de mots, d'étymologies et d'exceptions : si les tenants du suméro-accadien dressent un glossaire où la formation des mots a ses
lois constantes, une grammaire dont les règles soient invariablement observées , une syntaxe qui constitue proprement le génie de la langue, on ne tardera pas à reconnaître que la thèse de la cryptographie hiératique n'est qu'un paradoxe ingénieux qui aura constitué un des plus curieux et des plus intéressants épisodes de Thistoire de la linguistique au XIX® siècle.
§ 2. — LE PEUPLE DE SUMER ET d'aCGAD
Les conséquences rigoureuses des deux systèmes philologiques que nous venons d'exposer sont des plus graves au point de vue de l'histoire de l'ethnographie de l'Asie antérieure. Tandis que les uns admettent que la grande civilisation chaldéenne est due au peuple touranien qui serait venu de l'orient de la mer Caspienne, l'implanter sur les bords du Tigre et de l'Euphrate, les autres soutiennent au contraire que cette culture primitive où les sciences et les arts avaient pris un si grand développement, est due exclusivement à la race sémitique qui, seule et sans partage, n'aurait cessé, dès les origines, de dominer dans toute la Mésopotamie. Pour ces derniers, la distinction qui paraît être établie dans la Bible entre Ghaldéens et Assyriens, est plus spécieuse que réelle, et l'on ne doit voir dans le mot Ghaldéens que Télément sémitique du sud delà Mésopotamie, et dans le mot A ^^ynV/i^, l'élément sémitique du nord. La différence de mœurs et d'usages, l'antagonisme même qui exista entre ces deux peuples durant de longs siècles sont dus, nous dit-on, à la différence du climat, du milieu et du genre de vie, en aucune façon à une antipathie de;*aces. On va même plus loin, et en s'appuyant sur des données linguistiques, on affirme que, dans le texte de l'Écriture, les Kouschites de la Chaînée, de l'Arabie et de l'Ethiopie, sont des Sémites, que Ton désigne sous le nom de Sémites du sud.
Dans une autre partie de cet ouvrage, nous examinerons le bien fondé de cette thèse en ce qui concerne l'Arabie ; nous restreignant pour le moment à la Mésopotamie, nous nous proposons de démontrer que s'il est bien difficile d'admettre que les Sémites puissent revendiquer pour eux seuls la paternité de la grande civilisation de Ninive et de Babylone, on peut encore moins en attribuer l'honneur à un rameau détaché de la grande race touranienne. Indépendamment du problème philologique que nous venons d'étudier dans le précédent paragraphe, il y a la question historique qui doit être envisagée à part, et nous ferons remarquer
S4 POPULATrONS PRIMITIVES DE L'ASSYRIE ET DE LA CHALDÉE
qu'en général on n'a-fias distingué assez nettement ces deux ordres d'idées. Les documents historiques établissent-ils d'une manière positive qu'un peuple touranien a longtemps dominé en Chaldée avant que la prépondérance pass&t aux mains des Sémites? Que la réponse soit
affirmative ou négative, elle laisse intacte la question relative k l'existence d'une langue à demi-sémitique et autre que l'assyrien, primitivement usitée dans ce pays : le peuple qui l'a parlée n'est pas nécessairement touranien.
Si haut que nous fassent remonter les documents cunéiformes, ils ne mentionnent nulle part une domination touranienne, et ils n'ont pas con-
serve le souvenir des luttes de races qui auraient dû exister entre Touraniens et Kouschites. Les sources extrinsèques sont muettes également; d'après laGeaèse,Iepremierempirechaldéenful Kouschite. C'est Nemrod qui fonda Babytone et les grandes villes de Chaldée ; et le texte sacré ne fait aucune allusion à une invasion postérieure de peuples du Nord, qui serait venue ruiner l'empire des fils de Kousch. Rien non plus, dans le récit de Bérose ne rappellelesouvenird'uneoccupationtouranienne, et dans aucun auteur nous ne trouvons la mention de la prise ou de la destruction des villes aemrodites, Babylone, Erech,Accad et Kalneh. Quand Justin, au second siècle de notre ère, parle vaguement de la domination des Scythes ou Touraniens sur l'Asie antérieure, ît ne précise point spécialement de
Type ebftldéen. (CollecUon de Sanec, an mniée du Lonvre.)
quelles contrées il s'agit, etilesipeuvrfûsemblableque la Chaldée ait été comprise dans leur empire. Au surplus^ cette domination touranienne serait contraire à tout ce que noussavons du caractère et du rôle historique des descendants de Touran. A diETérentes époques de l'histoire ancienne ou moderne, ces peuples, cantonnés dans le sud de la Sibérie actuelle, se sont précipités comme une avalanche, tantôt suri' Asie, tantôt sur l'Europe, sans que rien ait pu arrêter le torrent envahisseur : ce sont ces peuples qui, sous le nom de Gog et Magog, effrayèrent tant le prophète Ezéchiel ; ce sont eux qui, flétris par les Romains de l'épithète de Barbares, ont envahi l'Europe à l'aurore de l'histoire moderne. Dans leurs terribles invasions, ces hordes immenses n'ont jamais paisse que comme un fléau naturel, le fléau de Dieu, pour détruire l'œuvre des autres races. Nulle part elles n'ont été le foyer d'une grande civilisalion comme celle que nous révèle le premier empire de ChaMée, qu'on vou-
drail leur attribuer; enfin, on n'a pas apporlé, en dehors des arguments linguistiques, de preuve historique solide en faveur de la floraison d'un empire touranien dans le bassin]inférieur du Tigre et de TEuphrate.
Mais s'il ne nous parait pas possible de soutenir historiquement que les Suméro-Accadiens étaient de race touranienne, il n'est guère plus vraisemblable d'en faire des Sémites. Il y alongtemps déjà que M. Renan a fait ressortir combien répugnait au génie sémitique l'organisation sociale et la civilisation matérielle qui se sont assises dans la vallée du Tigre et de TEuphrate. « Les écrits d'Isaïe^ dit-il, nous attestent en plusieurs endroits, l'étonnementetla terreur que causèrent tout d'abord aux petits États sémitiques, qui ne connaissaient d'autres guerres que des razzias^ cette redoutable organisation militaire, cette vaste féodalité qui faisait tout aboutir à un même centre, celte science de gouvernement qui leur était si complètement inconnue. On sent^ au premier coup d'œii, qu'on a affaire à une autre race, et qu il n'y a rien de sémitique dans la force nouvelle qui va conduire le sémitisme à deux doigts du néant. A Ninive, le contraste est plus frappant encore. C'est une immense civilisation matérielle, dont la physionomie ne rentre nullement dans le type de l'esprit sémitique. La vie sémitique se représente à nous comme simple, étroite, patriarcale, étrangère à tout esprit poUtique ; le Sémite n'est pas travailleur; la patience et la soumission que supposent chez un peuple des constructions comme celles de l'Egypte et del'Assyrie lui manquent. A Ninive, au contraire, nous trouvons un grand développement de civilisation proprement dite, une royauté absolue, des arts plastiques et mécaniques très avancés, une architecture colossale, un culte mythologique qui semble empreint d'idées iraniennes, la tendance à envisager la personne du roi comme une divinité, un grand esprit de conquête et de centralisation Dans ma pensée, toute la grande civilisation qu'on désigne du nom un peu vague d'assyrienne^ avec ses arts plastiques, son écriture cunéiforme, ses institutions militaires et sacerdotales n'est pas l'œuvre des Sémites. La puissante faculté de conquête et de centralisation, qui semble avoir été le privilège de l'Assyrie, est précisément ce qui manque le plus à la race sémitique *. »
D'après la Genèse, le premier empire chaldéen fut Kouschite comme l'empire égyptien, et cette donnée ethnographique concorde à merveille avec le caractère grandiose de la civilisation chaldéo-assyrienne. Les
* Renan. Hist. gén, des langues sémitiques, p. 61-62 et 69 (3> édît.)
gigantesques constructions de Niniveet de Babylone, le développement scieatilîque que l'on constate dans les écoles sacerdotales de la Ghaldée, cette opiniâtreté au travail, ce culte des arts, celte expérience de ta vie matérielle et de l'industrie, si coarorme à ce que nous connajssons des constructions, des sciences, des arts et de l'industrie des Kouschites de l'Egypte, paraissent être un puissant argument en faveur de l'origine kouschite de la culture chaldéenne, culture qui, à l'instar de celle de l'Egypte, était en plein épanouissement tandis que les tribus sémitiques avoisinantes vivaient encore, pour la plupart, à l'état nomade et patriarcal. L'histoire d'Abraham qui sortait de la ville d'Ur des Chaldéens en est une preuve. 11 y eut donc en Ghaldée, sous la domination kous-
T;pe chaldéeD. (Collection de Sarzec, au mueée du Louvre,
chite OU suméro-accadienne, un premier type de civilisation analogue et parallèle à celui qui se développait dans le même temps en Egypte. Et qui sait si des découvertes ultérieures ne viendront pas^élablir qu'il y a un lien d'origine entre la première civilisation de la Ghaldée et celle des bords du Nil ?
Quoi qu'il en soit, il nous parait hors dé doute que ce sorent les Kouschites représentés par le personnage de Nemrod, qui reçoivent dans la Bible le nom de Kasdim ou Chaldéens. Tout porte à croire que ce senties Kig^ici d'Hérodote et les Géphënes auxquels la tradition grecque attribuait la fondation du premier empire chaldéen '. Gomme le remarque M. Renan, entre les deux formes du nom de ce peuple,
'■ D'EcksUiin, dans l'AIAenzutn /runçaù, avril-août 185i; Renan, Hisl. gén. des langues témitiquet,p.Saei65; Fr. Lenormaol, His(. anc.de l'Orient, t. I, p. 268.
rhébraïque Kasdim et la grecque XaX8aToi, on est autorisé à supposer la forme intermédiaire kard^ voisine de la première par Faffinité des lettres s et r, et de la seconde par Taffinité des liquides / et r. Cette forme kard reparaît avec persistance à toutes les époques de Thistoiredans les noms des populations montagnardes cantonnées dans les gorges des monts Zagros : ce sont les Kapîaxeç, les KapSoîîxot, les KopSiatos, les K^prtoi^ enfin les Kurdes de nos jours. D'un autre côté le nom de Kfoatoi ou KowaTci qui leur est également donné par quelques historiens grecs, n'est autre que le nom de Kousch à peine déformé par Teuphonie grecque, et c'est le même peuple qu'on trouve désigné dans les plus anciens textes cunéiformes sous le nom deKasschi. Ces Cosséens, identiques aux Kurdes, sont représentés comme habitant les montagnes du Zagros d'où ils descendaient faire de fréquentes incursions dans la Babylonie, jusqu'au jour où ils s'emparèrent du pays qu'ils conservèrent durant plusieurs siècles sous leur domination. « Tous les géographes anciens, remarque encore M. Renan, placent des Ghaldéens en Arménie, dans le Pont et le pays des Chalybes.Xà, était sans doute la Chaldée primitive^ un repaire de belliqueux montagnards, redoutés dans tout l'Orient pour leurs brigandages, servant dans les armées étrangères, et jusque dansTInde, comme mercenaires, parfaitement semblables, en un mot, à ce que sont de nos jours, dans les mêmes contrées, les Kurdes, avec lesquels on a tant de raisons pour les identifier. »
D'après tout ce qui précède, il est trois rameaux distincts de la grande famille des Ghaldéens, qui jouent un rôle prépondérant dans l'histoire de la Mésopotamie: ce sont les Kasschi ou Cosséens, les Sumers et les Accads. Habitant les montagnes situées au nord de l'Élymaïde, les Cosséens finirent par se rendre maîtres de la vallée du Tigre et du bas Euphrate où ils dominèrent pendant neuf générations. Nous verrons ailleurs la lignée de leurs rois qui prennent le titre de « roi des Sumers et des Accads, roi des Kasschi. » La parenté directe des Cosséens avec les Sumers et les Accads fait ^ue nous ne saurions partager l'opinion de M. Friedrich Delitzsch qui, dans le récent ouvrage qu'il a consacré à la langue des Cosséens, croit que cette langue, dont nous ne connaissons pas cinquante mots, n'avait aucun rapport d'affinité avec le suméro-accadien. Les éléments de comparaison nous manquent encore pour pouvoir caractériser avec quelque certitude scientifique cet idiome qui vient, avec le peuple qui Ta parlé, de faire tout récemment son apparition sur la scène de Thistoire.
Les Kouschites de la Ghaldée proprement dite se partagent en deux branches : les Sumers, cantonnés au sud, e( conBnant h. l'Océan, et les Accads, plus au nord, et dans le territoire desquels se trouvait Babylone. Nous avons constaté, à la suite des savants contemporains, que des
Stalueltc de femme. Art chaldéen prlmîtir. Musée du Louvre.
différences dialectales distinguaient la langue de Sumer de la langue d'Accad. Mais dans quels rapports politiques ces deux peuples se trouvaient-ils réciproquemenlàrorigine?Onpeut croire que les Accads étaient primitivement tributaires des Sumers. Il est permis de trouver déjà un indice de ce fait dans le formulaire des rois Assyriens postérieurs, qui place toujours Suraer en premier lieu; on ne dit jamais «roi des Accads et des Sumers », mais toujours « roi des Sumers et des Accads. »
D'autre part, le signe idéographique qui est la représentation du mot Sumer est composé de deux éléments, dont l'un, eme signifie « langue », et l'autre Au a le sens de « noble » ; au contraire, l'idéogramme du mot Accadesi formé des mots eme-sal qui signifient « langue des femmes », et l'on emploie aussi le terme eme-luk « langue des esclaves » pour désigner le dialecte d'Accad. Malgré l'absence de toute donnée historique ces observations permettent peut-être de conclure que les relations primitives qui ont existé entre Sumer et Accad ont été celles de conquérant à vaincu.
Dans le pays d'Accad se trouvait le district de Kar-Dunias formant la banlieue de Babylone, nom qui parait signifier « l'enclos du dieu Dunias » et être d'importation cosséenneou élamite. Le pays de Sumer se trouvait de son côté partagé en deux districts, celui de Meluha^ qui confinait au pays d'Accad, et celui de Magan, voisin de la mer. Ces noms de Meluha et de Magan sont précisément ceux qui sont donnés par les textes assyriens à des districts de la basse Egypte. N'y aurait-il pas dans ce fait un curieux indice des relations qui ont dû exister à l'origine entre l'Egypte et la Chaldée, relations d'autant plus vraisemblables que c'est la même race, la race kouschite qui fonda les empires des rives du Nil et de la Mésopotamie?
Si les Sumers et les Accads formaient le peuple dominant de la Chaldée, il faut reconnaître qu'il existait aussi dans ce pays des Sémites en grand nombre, à l'état nomade et à Tétat sédentaire. Peut-être même le fond de la population était-il sémitique en Chaldée aussi bien qu'en Assyrie. Il y avait, en effet, notamment les Taréchites ou descendants d'Héber et de Tharé, qui habitaient autour de la ville d'Ur et n'en partirent pour aller s'établir à Ilarrân, point de départ de la vocation d'Abraham, que lorsque ce patriarche était déjà né. Enfin un assez grand nombre de familles de la race d'Aram, qui tenait la partie nord-ouest de la Mésopotamie, entre le Habour et TEuphrate^ s'étaient établies de très bonne heure à Babylone et dans le pays qui en dépendait, à tel point que leur langue y était déjà d'un usage vulgaire et général, concurremment avec l'assyrien et le suméro-accadien, dès le ix* ou le x* siècle avant l'ère chrétienne.
Quelles étaient les relations réciproques de la race kouschite et de la race sémitique de la Chaldée ; dans quelles limites peut-on dire que les Kouschites de cette région n'étaient, comme les Kouschites de l'Yémen et de l'Ethiopie, qu'une fraction séparée avant les autres, de la souche
sémitique commune? C'est ce qu'il est difficile de détermiuer dans Tétat actuel de nos connaissances. Si, d'une part on constate que tous les noms de lieux de la Ghaldée sont sémitiques, on est forcé de reconnaître qu'il est des dynasties tout entières de rois chaldéens dont les noms n'ont rien de la forme assyrienne. Quelle que soit la réponse définitive que l'avenir réserve à ces questions, il nous semble que l'on ne saurait, dès aujourd'hui, méconnaître le rôle prépondérant de la race kouschite dans les origines et le développement de cette civilisation chaldéo-assyrienne qui eut une influence si considérable dans l'Asie antique qu'elle pénétra de son génie et de son esprit. L'élément kouschite y eut une plus grande part que le sémitique : c'est lui qui possédait dans son sein ces puissants collèges scientifiques qui, avec l'écriture, inventèrent l'astronomie, l'arithmétique, le calendrier, et demeurèrent toujours, même quand le sort des armes eut assuré la domination assyrienne, à l'état de caste supérieure et savante, en possession à la fois du sacerdoce et de la suprématie intellectuelle.