‹ Histoire ancienne de l'Orient [Texto impreso]Chapitre 14 sur 98 · L'EMPIRE KOUSCHITE DE NEMROD · texte numérisé non relu

L'EMPIRE KOUSCHITE DE NEMROD

du X* chapitre de la Genèse, puisqu'à cette époque circulait déjà le dicton populaire : « comme Nemrod, le fort chasseur devant Jéhovah. » Elle formait un épisode de la grande épopée chaldéenne dont George Smith a retrouvé les fragments parmi les tablettes cunéiformes qui composaient la bibliothèque du roi Assurbanipal. Ce chant national des Chaldéo-Assyriens parait avoir débuté par le récit de la création du monde; il célèbre les aventures d'un personnage dans lequel il est facile de reconnaître Nemrod, bien que la lecture de Tidéogramme de son nom ne soit pas encore assurée. On Tappelle provisoirement Isdubar^ c'est-à-dire qu'on articule son nom d'après la prononciation phonétique des signes qui composent son idéogramme : peut-être que des découvertes, ultérieures nous révéleront que ce groupe de signes doit se prononcer d'une manière qui se rapproche du nom d'Evechous fourni par Bérose.

On n'a retrouvé jusqu'à présent qu'un très petit nombre de fragments détachés qu'on puisse attribuer avec certitude aux cinq premières tablettes qui commençaient l'histoire épique. L'un d'entre eux raconte la conquête du taureau ailé à tête humaine qu'lsdubar^ le fort chasseur, parvint à capturer vivant avec l'aide de son serviteur Ea-bani qui l'accompagne fidèlement dans toutes ses aventures. Un autre parle d'un monstre marin appelé Bout (le dévorant) qui sortait périodiquement des flots pour ravager le pays, et dévorait les jeunes filles exposées à sa fureur. Isdubar parvient à en délivrer le pays :

Isdubar parla à son veneur en ces termes :

u Va, mon veneur, avec la femme Hakirtu

et la femme Upasamru,*

et quand le monstre passera

sortant de ses confins^

que chaque femme dépose son vêtement ;

ainsi leur beauté sera en vue,

et lui, le monstre, se précipitera sur elles.

Alors, toi, immole-le se livrant ainsi. »

— Le veneur Saïd (chasseur) partit;

avec lui partirent Hakirtu

Et Upasamni.

Ils prirent la route et se dirigèrent

là bas le long du chemin.

Le troisième jour, dans un pays désert

ils arrivèrent, le veneur et la femme Hakirtu

et la femme Upasamru.

Ils s'assirent là un jour;

et le second jour,

en face des conGns du monstre....

Le monstre passa ...

il B^ précipiU sur elle....

II le détruisit, lui, le monstre...

suivant l'ordre de son père...

... le veneur Saïd...

... il prit la route et vint

dans b ville d'Uruk.

La tablette qui suivait immédiatement, représente Isdubar comme devenu le chef d'une armée d'envahisseurs, et faisant la guerre à Humbaba, roi élamite d'Uruk, le Combabus des Grecs, dont le nom rappelle le dieu Humba du panthéon susîen; il défait ce prince, s'empare de la couronne, et établit ses soldats dans le pays. La violence de la conquête est décrite en termes très saisissants par le poète, qui montre les dieux et les esprits, habitants des sanctuaires d'Uruk, prenant la forme d'ani-

(^lindre chaldéen ■

maux pour échapper aux atteintes du vainqueur. Il y a là certainement, mêlé aux conceptions mythologiques, comme dans presque toutes les épopées primitives, un lointain souvenir de l'histoire, un écho des guerres de races, qui eurent la Chaldée et la Babylonie pour théâtre aux âges prirailifs. Ce sont ces mêmes luttes dont nous trouvons un autre écho dans le mythe de la lutte des Trois Frères divins que Bérose racontait après la confusion des langues, aussi bien que la notion de violence qui s'attache au nom du Nemrod bibhque. Le texte de la sixième tablette s'ouvre ainsi :

il tua Humbaba (Combabus).

Ses trésors, il les chargea sur ses épaules;

il le détruieit (?)et revêtit ses insi^pies royaux.

Il lui coupa la tête, et ceignit le diadiâme et sa couronne.

Isdubar s'orna de sa couronne et ceignit le diadème.

Vers l'amour d'Isdubar, Islar, la souveraioe, éleva son œil :

' D'après Menant, La Glyptique orientale, p. 79, flg. 38 bit.

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