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l'histoire et sur les grandes civilisations orientales qui se sont développées avant la civilisation grecque. En me chargeant de poursuivre et de mener à bonne fin cette entreprise, pour laquelle Lenormant n'a laissé, en dehors des éditions antérieures, ni notes ni ébauche, l'éditeur du livre ma témoigné une confiance qui m'honore, et je dois dire que je n'eusse osé accepter une aussi lourde tâche, sans les marques de bienveillante afi'ection que Lenormant m'avait toujours témoignées et dont le souvenir me sera éternellement cher.
Pour ne pas rendre la mémoire de mon maître vénéré responsable de ce qu'il n'a point écrit, je dois au lecteur quelques explications sur la manière dont j'ai compris mon rôle de continuateur. L'œuvre, à partir du présent volume, m'est personnelle pour le fond comme pour la forme ; cependant, afin de lui conserver son unité, j'ai adopté le plan suivi dans les trois volumes déjà parus ; j'ai conservé aussi plus d'une page du Manuel publié par Lenormant en 1869 ; enfin, autant que le cadre le permettait, j'ai utilisé les travaux d'érudition publiés par Lenormant, dans le domaine de l'assyriologie et des études sémitiques.
Je ne me suis écarté de la méthode adoptée dans les précédents volumes que sur un point : c'est pour la transcription des noms propres. Après avoir longtemps hésité, je me suis décidé à conserver à ces noms la forme vulgaire, celle sous laquelle ils sont généralement connus, sans m'astreindre à reproduire la forme originelle dont l'étrangeté est trop souvent de nature à dérouter le lecteur. J'ai donné d'ailleiu*s, entre parenthèses, la transcription rigoureuse de ces noms, la première fois qu'ils sont cités ; mais j'estime qu'il est superflu d'essayer de faire pénétrer dans le domaine de la vulgarisation, des mots rebelles à toute célébrité eX
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pour la vocalisation desquels les érudits eux-mêmes ne sont souvent pas d'accord.
Puisse la dernière partie de cet ouvrage n'être pas jugée trop indigne du commencement, et contribuer à honorer la mémoire de celui qui travaillait à son achèvement avec l'ardeur excessive qui devait consumer ses forces! « N'abusez pas du travail, moi, j'en meurs, » telles furent les paroles d'adieu qu'il m'adressa de son lit de souffrances, quelques jours avant d'expirer. La mort est peutêtre la seule chose, hélas! que le travail opiniâtre ne saurait vaincre, et François Lenormant a succombé avant d'avoir donné toute sa mesure.
ERNEST BABELON
Paris, 7 novembre 1884.