SAMSI-RAMAN IH, RAMAN-NIUAR III ET LES ROIS FAINÉANTS
rênes du pouvoir à son second fils Samsi-Raman. Ce dernier mit quatre ans à réprimer Tinsurrection, et Ton ne sait ce que devint Assur-danin-pal. Saimanasar eut la consolation de mourir, après trente cinq ans de règne, sur un trône consolidé; mais ses grandes conquêtes lointaines étaient perdues. Trente ans de guerres acharnées n'avaient servi qu'à procurer à Ninive des trésors et des esclaves : les limites de Tempire, à la mort de Saimanasar, étaient moins étendues qu'au jour de son avènement. «
§ 4. — SAMSI-BAMAN llî, RAMAN-NIRAR HI ET LES ROIS FAINÉANTS
Les Assyriens, même à Tépoque de la plus grande extension de leur puisscmce, ont toujours distingué deux catégories de provinces parmi les pays qui faisaient partie de leur empire. Les unes étaient celles que la force et la conquête leur avaient annexées, qui payaient de lourdes contributions annuelles, et étaient habitées par des populations étrangères à la religion et à la descendance d'Assur ; les autres étaient le pays d'Assur proprement dit, qui seul constituait la race privilégiée, sorte d'aristocratie dominante à qui les peuples subjugués fournissaient les esclaves, les vivres, les vêtements, les parures, pour qui ils bâtissaient des palais et des temples. Cette organisation sociale était, sauf les modifications inhérentes à la civilisation moderne, assez comparable à la constitution de Tempire turc, où la race conquérante a détenu longtemps, presque exclusivement, tous les pouvoirs publics. L'Assyrien est avant tout guerrier : c'est lui, et non ses vassaux, qu'on voit l'arc en main, le casque conique sur la tête, souvent vêtu d'une grande cotte de mailles, mille et mille fuis reproduit sur les bas-reliefs de nos musées. Il jouit de la faveur des dieux, et nul autre que lui n'est admis à y participer. Cet égoïsme extraordinaire, ce mépris des autres races et cette sélection outrageante par laquelle on évitait toute fusion et tout contact avec le vaincu, explique en grande parlie pourquoi l'empire d'Assyrie s'effondrait soudain aussitôt que la répression d'une révolte paraissait seulement devoir se faire attendre. La plupart du temps, les populations vaincues n'eussent sans doute pas mieux demandé que de . se fondre dans la grande famille de leurs maîtres, d'abdiquer leur religion et leur nationalité , et de contribuer à la gloire d'Assur en bénéficiant de la civilisation qui fleurissait à Ninive. Mais elles n'y par-
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ticipaient que comme tributaires ou comme esclaves et n'en tiraient nul profit.
Les limites géographiques de la contrée spécialement appelée « pays d'Assur » nous sont données au commencement de la stèle qui contient le récit des campagnes de Samsl-Raman. On distinguait la haute et
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Archers aMyrieiis. (BnB-rellet do Nimroud.)
la basse Assyrie qui, probablement, se trouvaient en amont et en aval du Tigre, par rapport à NInive. Les villes principales en étaient Ninive, Kalah, Ellassar, les capitales, puis Nisur, Adia, qui a peut-être donné son nom à TAdiabène classique, Sibanib, non loin du Haser qui se jette dans le Tigre près de Ninive ; Imgur-Bel ; Issapri ; Bit-Imtir, peutêtre Atra ; Simu ou Limmu ; Hulhinis, sans doute le viljage actuel de Hinnis près de Bavian ; Parnusur ; Kihsuna, non loin du cours du Zab
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inférieur ; Kurban ; Tidu ; Nabulu ; Kapa, la Cepha des géographes classiques, sur le haut Tigre; Urakka; Sallat; Huzirina, peut-être Arzène, près de Cepha; Dur-Balat; Dariga; Zaban, probablement, comme son nom l'indique, sur le Zab inférieur ; Lubdu ; Arbaha, la capitale de TArrapachi lis des Grecs; Arbèles; Amida, aujourd'hui Diarbekr, enfin Hindan, plus à l'ouest en descendant vers l'Çuphrate. Malheureusement la plupart de ces villes sont encore d'une identification douteuse et parfois même impossible à tenter, il en est de même de la ligne de frontières qui est ainsi fixée d'après la même inscription : « Le territoire du pays d'Assur comprend depuis la ville de Paddir qui est au pays de Naïri, jusqu'à Kar-Salmanasar, en face de Karkemis, d'une part ; depuis Zaddi sur la frontière du pays d'Accad jusqu'au pays de Belzi d'autre part ; enfin depuis la ville d'Aridi jusqu'au pays de Suhi, sur l'Euphrate. » Plusieurs de ces points extrêmes étant incertains, on ne peut que se faire une idée approximative des limites du territoire habité par la race qui se prétendait exclusivement issue d'Assur. Quand toute cette contrée fut pacifiée et que les partisans d'Assurdanin-pal furent rentrés dans le devoir, l'œuvre de Samsi-Raman consista à recommencer la conquête des provinces qui, à la faveur de la guerre civile, s'étaient empressées de secouer leurs chaînes. Nous ne possédons jusqu'ici, sauf quelques fragments peu importants^ qu'un seul monument qui raconte les événements du règne du fils de Salmanasar. C'est une grande stèle découverte à Kalqh, sur la face de laquelle est sculpté en haut-relief le portrait du roi^ et sur les côtés, le récit de ses faits d'armes, jusqu'à sa quatrième campagne ; mais nous savons par la liste des limmu qu'il régna treize ans.
L'inscription débute par une invocation au dieu Adar, le dieu de la
force et de la guerre : c'était la divinité favorite de Samsi-Raman qui
se met sous sa protection comme s'il eut voulu marquer par là que
dans les conjonctures difficiles où il se trouvait, il avait besoin surtout
de participer aux attributs de l'Hercule assyrien. « Au dieu Adar; le
puissant seigneur, le héros, le géante le dominateur, le champion des
dieux, qui préside au gouvernement du ciel et de la terre, le prince
des Ighigs, le tout puissant, le chef des archanges, le très haut, le
âublime, le soleil du sud, qui chevauche sur les nuages, qui, pareil à
Samael la lumière des dieux, illumine les régions, le fils aîné du dieu
Bel, le principe de toute force ^ le seigneur qui a son sanctuaire à
Kalah, — Samsi-Raman, le roi puissant, le roi des légions, qui est sans
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Stùlc lie Saïqsi-Itainnn III. [Brîlisfi Muieom,]