‹ Histoire ancienne de l'Orient [Texto impreso]Chapitre 34 sur 98 · LE PALAIS DE KHOIISABAD · texte numérisé non relu

LE PALAIS DE KHOIISABAD

■ ResttluUoD de M. Victor Pince.

un éclat éternel; qu'il veille sur eux jusqu'aux jours les plus reculés; que devant sa face suprême, le Taureau sculpté, le Taureau protecteur et le dieu qui procure le bonheur et la joie, restent dans ce palais aussi longtemps que les matériaux n'en bougeront. Qu'avec l'aide d'Assur, le roi qui a bâti ce palais se réjouisse dans sa progéniture et qu'il multiplie sa race ; que ces murs durent jusqu'aux jours les plus reculés ; que celui qui habite cette demeure en sorte entouré du plus grand éclat ; qu'il se réjouisse, dans l'exaltation de son cœur, d'avoir accompli ses vœux, atteint son but, et rendu sa gloire sept fois plus illustre. »

Dans d'autres passages des mêmes inscriptions dont nous venons de rapprocher les fragments qui se complètent et s'éclairent mutuellement, Sargon énumère les dimensions du palais, il formule les imprécations d'usage contre ceux qui détruiraient ou dégraderaient son œuvre, et il donne des détails architectoniques malheureusement encore à peu près incompréhensibles pour nous.

C'est ce palais de Khorsabad que Botta a découvert, ainsi que nous l'avons raconté plus haut, et ce sont ses bas-reliefs qui forment aujourd'hui une grande partie du musée assyrien du Louvre. Botta et M.V. Place après lui, qui ont déblayé le palais, en ont décrit en détail la distribution intérieure ; on y compte jusqu'à deux cent neuf chambres, grandes ou petites, et il couvre avec les terrasses qui en formaient le soubassement une superficie de près de dix hectares. On a évalué la masse d'argile qu'il a fallu apporter pour élever ces terrasses à 1,350,524 mètres cubes. Notre, imagination est confondue quand nous réfléchissons que cette masse prodigieuse de matériaux a été transportée à dos d'homme, dans des hottes destinées à cet usage, car c'est ainsi que les bas-reliefs nous représentent les travaux, et, comme le remarque M. Georges Perrot, nulle part il n'y a trace de l'emploi de tombereaux*.

Nous reviendrons ailleurs sur l'architecture de ce palais et le mode de construction qui fut employé par Sargon. Quant aux textes épigraphiques qui expliquent les scènes qui se déroulent en bas-reliefs sous nos yeux, on en distingue deux principaux, reproduits en plusieurs exemplaires. Dans l'un^ les événements du règne de Sargon sont racontés d'après Tordre chronologique, année par année, c'est celui qu'on a appelé les Annales] dans l'autre, décoré un peu pompeusement du nom de Fastes, le rédacteur, ainsi que l'observe justement

' G. Perrol et Ch. Chipiez, llisL de l'art dans l'antiquUé, t. II, p. 428.

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