GUERRES EN PIIENICIE, EN ASIEMINEURE ET EN ARMÉNIE
' D'après un bas-relief de Koyoundjik, au British Muséum.
348 ASSARHADDON ET ASSURBANIPAL. UUINE DE NINIVE
la grande déesse d'Arbèles, Istar, avait dit : « C'est moi qui tuerai Ahseri, roi de Van. » Effectivement, Ahseri fut tué, et son cadavre horriblement mutilé, quelques jours après, par ses propres^^sujets, au milieu d'une sédition qui éclata dans la ville assiégée. Son fils Uallis offrit sa soumission au roi d'Assyrie en lui livrant comme otages ses propres enfants, avec de riches présents. Ce mince succès, autour duquel Assurbanipal fit beaucoup de bruit et qu'il fît sonner bien haut, déguisait mal son demi-échec en Asie-Mineure et sa poltronnerie vis-à-vis des Cimmériens.
§ 4. — PREMIÈRES CAMPÂGiNES DANS l'ÉLYMAIDE
Nous avons raconté plus haut au prix de quelle infâme trahison le roi de Suse, Ummanaldas V% avait réussi à préserver son pays du courroux d'Assarhaddon justement irrité contre les agissements du souverain élamite. Dès avant l'avènement d'Assurbanipal, Ummanaldas fut assassiné par son second frère Uriaki, lequel s'empara du trône et vécut d'abord en bonne intelligence avec les Assyriens, travaillant en silence h réparer les pertes que les guerres d'autrefois avaient entraînées pour son pays. De son côté, Assurbanipal qui avait à faire face à tant d'ennemis à la fois, et se trouvait obligé de courir sans trêve ni repos d'un bout de la frontière à l'autre, tenait à ménager, par de bons procédés et un adoucissement dans leur situation matérielle, les peuples qui restaient soumis et semblaient définitivement résignés à supporter le joug. C'est ainsi qu'une épouvantable famine s'étant abattue sur TÉlymaïde, il puisa spontanément dans les grands magasins d'approvisionnement de Ninive, et fit transporter à Suse des convois dç blé avec des troupeaux de bestiaux; on recueillit sur le territoire même du pays d'Assur tous les malheureux que la faim chassait de leurs foyers. En toute autre circonstance, ils eussent été réduits en esclavage, et l'Assyrien, sans entrailles^ eût profité de leur infortune pour les jeter dans les fers. Loin de là, et c'est Assurbanipal lui-même qui fait cette remarque, les Susiens purent rester libres dans le pays d'Assur, où ils furent nourris gratuitement jusqu'à ce que des pluies bienfaisantes fussent revenues en Klam, et avec elles la fertilité et l'abondance. Tant de bienfaits ne furent payés que par l'ingratitude la plus noire, et le roi d'Assyrie s'étonne qu'après la munificence dont il avait fait preuve, le roi de Suse eut songé encore à l'indépendance de sa patrie.