PREMIERES CAMPAGNES DANS L*ÉLYMAII3E
L'étincelle partit du canton de Gambul, cette plaine marécageuse et d'un difficile accès, entre le pays de Sumer et la Susiane. Son gouverneur Bel-busu s'entendit avec un autre Assyrien Nabu-zikir-usur, pour provoquer un soulèvement, et un des lieutenants d'Urtaki, nommé Marduk-zikir-essis se joignit à eux pour envahir le pays d'Âccad. Urtaki comprit peut-être que c'était une imprudence, ou que le mouvement était prématuré, mais il n'était pas en son pouvoir de modérer l'enthousiasme belliqueux de ses sujets qui franchirent le
On compte les têtes des ennemis tués ' •
Tigre se dirigeant sur Babylone. Un courrier alla prévenir le roi d'Assyrie; il disait: « Les gens d'Élam, comme une nuée de sauterelles, ont convertie pays d'Accad; ils ont établi leur camp sous les murs de Babylone et s'y sont fortem^mt retranchés. » Assurbanipal ofifrit un sacrifice aux dieux Bel et Nabu, et se mit en campagne. Urlaki croyait sans doute son terrible antagoniste occupé à quelque lointaine expédition, et il espérait s'emparer de Babylone avant son retour. Il trembla en apprenant que l'ennemi s'avançait à marches forcées; il leva le camp et rentra dans ses États, où il ne tarda pas à mourir de la même façon que son frère aîné : il fut assassiné proba-
* D'après un bad-relief de Koyoundjik.
blement à Tinstigation desoD troisième frère Teummam. Ses alliés, Belbusu, Nabu-zikir-usur et Marduk-zîkir-essis, eurent une fin aussi malheureuse et ne survécurent pas à leur défaite.
Ce fut alors, dit Finscription assyrienne, que Teummkn, comme un mauvais génie^ s'assit sur le trône devenu vacant par son propre crime ; pour se débarrasser de tout compétiteur présent ou à venir, l'usurpateur résolut d'envelopper dans un même massacre les héritiers de ses deux frères, savoir les enfants d'Urtaki, Ummanigas^ Ummanippa et Tamaritu, et les enfants de l'ancien roi Ummanaldas, nommés Kudurru et Paru, ainsi que soixante des membres de la famille royale. Les malheureux orphelins, abandonnés à eux-mêmes, s'enfuirent en Assyrie pour échapper au poignard de leur oncle, et ils sollicitèrent le secours d'Assurbanipal qui trouva ainsi, à la faveur de ces dissensions intestines, une excellente occasion de mettre définitivement la main sur l'Élymaïde. De son côté, Teumman ne désirait rien tant, pour affermir son trône chancelant, que de pouvoir compter sur l'amitié du roi d'Assyrie; il lui envoya donc un ambassadeur avec des cadeaux sans prix et surtout des protestations de fidélité, demandant en retour la remise de ses neveux entre ses mains. Pour toute réponse, Assurbanipal envahit la Susiane.
Une éclipse de soleil et d'autres phénomènes sidéraux semblèrent prouver que le ciel s'intéressait à Teumman qui, du moins, les interpréta en sa faveur, et l'armée d'Assur, terrifiée par ce qui lui paraissait des prodiges surnaturels, resta troisjours en présence de l'ennemi sans oser combattre. Alors, le roi d'Assyrie, grand protecteur des devins et des astrologues, consulta un oracle ; Assur et I star répondirent que le royaume d'Élam serait détruit. Non encore complètement rassuré sur l'issue de la lutte, il fit offrir à Arbèles, dans le temps d'Istar, un sacrifice extraordinaire qui acheva de lui concilier la déesse reine des batailles et arbitre des combats. Teumman l'apprit et dit en souriant : (( Teumman sera plus fort qu'Istar; » et il répétait avec jactance qu'il ne s'arrêterait que lorsqu'il aurait ruiné l'Assyrie.
Assurbanipal insiste et revient si souvent sur les prières qu'il adressa aux dieux et sur la protection du ciel, qu'il est permis de croire que la lutte fut longue, acharnée, les succès balancés. « Déesse d' Arbèles, s'écrie-t-il dans une de ses invocations, je suis Assurbanipal, Tœuvre de tes mains, désigné par le père qui m'a engendré pour rebâtir les temples du pays d'Assur et embellir les villes d'Accad. J'ai restauré tes sanc-