‹ Histoire ancienne de l'Orient [Texto impreso]Chapitre 6 sur 98 · BASSIN DE L'EUPIIRATE ET DU TIGRE · texte numérisé non relu

BASSIN DE L'EUPIIRATE ET DU TIGRE

leurs flancs sonl couverts de vignobles et de magniflques vergers. Les rivières qui se précipitent des montagnes entretiennent dans les vallées une douce fraîcHeur favorable h la culture du riz, du coton, du chanvre et du tabac. Il y avait bien là de quoi exciter la convoitise des potentats des bords du Tigre, qui trouvaient ainsi une proie facile et à portée de leurs mains avides*

Au nord, ils parvenaient, dans leurs campagnes d'été, à contourner le lac de Yan et à escalader les plus hauts plateaux où les montagnards cherchaient un refuge mal assuré. On les voit fondre des hauteurs de TArrapachilis sur la ville de Van, puis, à travers les pays de Hubuskia, le Yaspourakhan actuel, atteindre les contreforts du mont Ararat; ou bien remonter le cours du Tigre en laissant sur leur droite les monts Niphatès et gagner la chatne du Taurus. Lorsqu'au contraire, les conquérants voulaient diriger leur razzias annuelles du côté de la Syrie, ils ne rencontraient point de montagnes à franchir; la barrière naturelle était le désert, le pays delà soif, comme ils rappellent poétiquement, qu'il fallait mettre plusieurs journées à traverser pour rencontrer un aliment à cette soif du pillage qui les dévorait.

Le caractère inconstant des conquêtes des rois de Ninive et de Babylone fait qu'on ne saurait compter au nombre des provinces assyriennes les contrées situées en dehors du bassin du Tigre et de l'Euphrate, et qui n'ont jamais été qu'accidentellement soumises au joug. C'est seulement entre les deux grands fleuves, dans la Mésopotamie proprement dite, que se concentre la vie et que se développe la civilisation chaldéoassyrienne. Dans ce pays, s'élevèrent dès l'origine des villes nombreuses dont plusieurs eurent des époques de splendeur et comptent dans leurs annales des dynasties royales autonomes. Leurs ruines ensevelies en général sous un linceul de sables mouvants ou sous des monticules de terre végétale connus sous le nom de tells, sont restées ignorées pendant une longue série de siècles, jusqu'au jour où la curiosité et l'intérêt des modernes furent éveillés par la découverte de l'emplacement de Ninive, auprès de MossouL Les collines deKoyoundjik (le petit agneau) et de Nebi-Iounous où la tradition arabe place le tombeau du prophète Jonas, représentent les deux points les plus importants des ruines de la capitale de l'Assyrie. A quatre lieues au nord, est le village de Khorsabad, devenu célèbre depuis les fouilles de Botta qui ont donné le branle aux études assyriologiques, et vers les sources du Haser s'élève le rocher de Bavian qui porte une longue inscription en l'honneur

de Sennachérib. En aval de Ninive se IroDvait, à très peu de distance la ville biblique de Resen qu'on place conjecturalement au village

de Selamiyefa ; un peu p' I i i ii Kalah, mai-quée par la colline de ISimroud, à la jonction du Tigre et du Zab supérieur. El-Assur

' D'après Oppert, ExpétlU. si:ientif. en Mcsopoiamie (Atlas).

Page 1