‹ Histoire ancienne de l'Orient [Texto impreso]Chapitre 60 sur 98 · NABOPOLASSAR (625 A · texte numérisé non relu

NABOPOLASSAR (625 A

dit-on, peu après la prise de Ninive, que ce prince aurail fait une expédition contre le royaume d'Israël.

Vers 747, sans doute à la mort de ce Phul-Bélésys, Ninive, toujours d'après les Grecs, aurait échappé au joug de ces conquérants d'un jour, et les deux grandes villes de la Mésopotamie auraient poursuivi pendant quelque temps et sans s'inquiéter mutuellement, le cours de leurs destinées indépendantes. Les historiens grecs racontent même, ce qui n'est pas vraisemblable, que Nabonassar, successeur de Phul-Bélésys, pour effacer le souvenir delà domination étrangère, billila k)us les documents de l'histoire des rois de Ninive qui avaient régné sur Babylone, et voulut commencer une ère nouvelle, à laquelle il donna son nom. L'ère de Nabonassar débute à son avènement, en 747 ; à partir de cette époque, l'astronome grec Ptolémée nous a conservé un canon des rois de Babylone dont les données sont pleinement confirmées parles monuments.

Cependant, après Nabonassar, le royaume de Babylone tomba rapidement en décadence; il fut en proie à des désordres que nous ne connaissons que d'une manière imparfaile. Le canon do Ptolémée énre- .gislre alors quatre rois en douze ans, ce qui indique suffisamment un temps de troubles et de révolutions. Les rois d'Assyrie, redevenus plus puissants que jamais, en profitèrent pour réclamer leurs anciens droits de suzeraineté; en 709, Sargon, après la bataille sanglante de Dur- Yakin, reconquit Babylone et la Chaldée. A dater de ce moment, l'histoire de TÉtat babylonien n'est connue que par ses rapports, presque toujours malheureux, avec l'empire assyrien, et par ses révoltes incessantes et infructueuses. Le véritable héros national de cette époque, l'indomptable champion de l'indépendance de Babylone, Marduk-pal-iddin ou Mérodach-baladan , détrôné une première fois par Sargon, puis de nouveau, à plusieurs reprises, en lutte avec lui et avec son fils Sennachérib, infatigable dans sa haine contre le joug assyrien, toujours vaincu et se relevant toujours, s'échappant des prisons oti les rois d'Assyrie l'enfermaient pour revenir se mettre à la tête des Babyloniens, n'abandonne enfin les armes qu'avec la vie. Suzub, fils de Gatul, ne fut pas moins intrépide ni moins persévérant. Assarhaddon, le quatrième fils de Sennachérib, était vice-roi de Babylone au nom de son père, quand il succéda au trône de Ninive. Il y maintint toujours, nous l'avons déjà dit, sa résidence habituelle, et ce fut là qu'il emmena prisonnier Manassé, roi de Juda. Assarhaddon s'occupa activement de réparer les plus importants monuments de Babylone, qui avaient énor-

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mément souffert dans les dernières guerres et principalement dans le sac de 683, par ordre de Sennachérib. Ce fut aussi lui qui conçut le plan et commença la construction des deux immenses enceintes dont Tachèvement fit la gloire de Nabuchodonosor. Quand il eut abdiqué, en faveur de son fils Assurbanipal, la couronne de Ninive, Assarhaddon demeura encore, mais pour peu de temps, roi de Babylone. A sa mort, son second fds Salummukin, lui succéda dans cette ville, mais comme vassal d'Âssurbanipal. Nous avons raconté plus haut en détail sa révolte, à laquelle fut mêlé Rabu bel-sum, le petit-fils du grand Marduk-pal-iddin. Assurbanipal supprima la vice-royauté de Chaldée; des documents cunéiformes retrouvés récemment lui donnent, comme roi de Babylone, le nom de Kandalanu, transformé par les Grecs en Ghiniladan. Les Chaldéens ne rappelèrent jamais du nom d'Assurbanipal qu'il continua pourtant de porter à Ninive*. Des préfets assyriens administraient la Chaldée lorsque, vers 626, le Chaldéen Nabopolassar reçut du roi d'Assyrie, Assur-edil-ilane, la mission d'aller gouverner Babylone et la Chaldée, et de préserver ce pays des barbares qui le menaçaient.

C'est lui qui fut 4e véritable fondateur de la puissance chaldéobabylonienne. Babylone, qui, sous ses obscurs prédécesseurs, était sujette des Ninivites, sort enfin de cet état de dépendance et s'élève au plus haut degré de force et de grandeur. « Je vais, » disaient quelques années auparavant, au nom du Seigneur^ les prophètes, menaçant à la fois des châtiments divins Ninive et le royaume de Juda, « je vais susciter les Chaldéens, cette nation cruelle et d'une incroyable vitesse, qui parcourt toutes les terres pour s'emparer des demeures des autres. Elle porte avec elle l'horreur et l'effroi; elle ne reconnaît point d'autre juge qu'elle-même; elle réussit dans ses entreprises. Ses chevaux sont plus légers que les léopards et plus rapides que les loups qui courent le soir. Sa cavalerie se répandra de toutes parts, et ses cavaliers voleront comme l'aigle qui fond sur sa proie. »

Nabopolassar qui, sans doute, pour obtenir la satrapie de Babylone, avait joué auprès du monarque assyrien le rôle de courtisan, conçut aussitôt le projet de se substituer à son maître et d'affranchir pour toujours son pays natal. 11 députa vers le roi des Mèdes^ qui venait de se créer un empire considérable et une puissance militaire de premier

* Cf. Schrader, Zeitschrift fur KeilschriflforschunQf juillet 1884. p. 222 ; Oppert» dans la Hcvue (TAssyriologie^ !«' fasc. 1884.

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