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406 L'EMPIRE CHALDEEN
elles, on se servit de bitume en ébuUition et, de trente en trente couches de briques, on mit des lits de roseaux entrelacés ensemble. On bâtit d'abord de celte manière les^ revêtements du fossé. On passa ensuite aux murs que Ton construisit de même. Au sommet et sur le bord de celle muraille, on éleva des bastions qui n'avaient qu'une seule chambre, les unes vis-à-vis des autres, entre lesquelles on laissa autant d'espace qu'il en fallait pour faire tourner un char à quatre chevaux. Il y avait à cette muraille cent portes de bronze massif, comme les jambages et les linteaux. On compte huit journées de marche de Babyloneà une autre ville que Fou nomme Hit^ où coule une petite rivière du même nom, qui se jette dans TEuphrate; cette rivière fait jaillir de ses sources de nombreux grumeaux de bitume, et c'est de là qu'on en a transporté
pour construire les murs de Babylone.
« L'Euphrate traverse Babylone par le milieu et la partage en deux quartiers. Ce fleuve est grand, profond et rapide; il vient de l'Arménie et se jette dans la mer Erythrée. Uune et l'autre muraille forment un coude sur le fleuve, et à cet endroit commence un mur de brique» cuites dont sont bordés les deux côtés de l'Euphrate. Les maisons sont à trois et quatre étages. Les rues sont droites et coupées par d'autres qui aboutissent au fleuve. En face de celles-ci on a pratiqué, dans le ^ mur construit le long du fleuve, de petites portes pareillement de bronze, par où l'on descend sur ses bords. Il y en a autant que de rues de traverse.
« Le mur extérieur sert de défense. L'intérieur n'est pas moins fort ; mais il a notablement moins d'épaisseur. Le centre des deux quartiers est remarquable : l'un, par le palais du roi, dont l'enceinte est grande et bien fortiflée ; l'autre par le lieu consacré à Bel, dont les portes sont d'airain et qui subsiste encore actuellement. »
Les enceintes concentriques de Babylone étaient moins les remparts d'une ville proprement dite qu'un immense camp retranché dans lequel habitaient, à côté des Chaldéens, les peuples les plus divers, arrachés à leur sol natal, et qui, ainsi que le rapporte l'Écriture, ne se comprenaient pas entre eux. D'ailleurs, le territoire renfermé dans la petite enceinte, et à plus forte raison celui de la première, était loin d'être tout entier habité. Quinte-Curce parle de quatre-vingt-dix stades de pourtour pour l'étendue couverte de maisons; le reste était cultivé et pouvait, pendant longtemps, fournir aux défenseurs de la ville les moyens d'éviter une famine, en même temps que le prodigieux déve-