Ibid., p
6. Chapiteaux isolés : Gsell, Monum. antiques de l'Algérie, I, p. 61, n. 7.
motifs orientaux, tandis que le mausolée de Dougga, presque contemporain, — ils furent l'un et l'autre construits vers le milieu du second siècle, — est véritablement un monument punique.
Un autre édifice grec s'élevait à Simitthu. C'était un temple, ' qui fut remplacé à l'époque romaine par un nouveau sanctuaire, et dont il ne reste que quelques débris : un bandeau d'architrave, avec le bas d'un des triglyphes qui, selon l'ordonnance dorique, décoraient la frise ; un chapiteau de pilastre, à feuilles et volutes, orné d'un griffon; trois fragments d'une frise, oîi sont représentés des boucliers '. Comme ces morceaux sont en marbre numidique, le monument auquel ils appartenaient n'était probablement pas antérieur au ii" siècle avant notre ère-. Près de là, à Bulla Regia, a été exhumé un fragment de frise dorique^, débris d'un temple qui devait être à peu près contemporain de celui de Simitlhu. On pourrait ■attribuer à la même époque une corniche de style grec, d'Ebba, où se superposent une rangée de pirouettes, des rais de cœur, alternant avec des fleurons, enfin des denticules''. Les édifices que reproduisent les monnaies de Juba I" sont aussi d'architecture grecque : le temple, précédé d'un portique, et sans doute entouré d'un péribole, est coiffé d'un fronton triangulaire; la façade du palais (?) oft're en bas des colonnes alternant avec des Atlantes, et, au-dessus, trois pavillons (?), flanqués de colonnes ioniques. Seuls, dans ces deux monuments, des chapiteaux qui semblent bien être éoliques rappellent l'art carthaginois. A Cœsarea, la capitale du fils de JubaP'', Juba II, ce fut l'architecture grecque classique qui régna sans partage ^.
1. Saladin, Nouv. Arch. Missions, II, p. 388-393, flg. 5-13; conf. Gagaat, Gauckler et Sadoux, Les temples païens de la Tunisie, p. 110.