Voir t. VIII, 1. II, ch. ii, § V
Il est regrettable que ni des textes ni des documents archéologiques ne nous permettent de reconstituer les palais royaux. Ils devaient abriter une population nombreuse : femmes et parents du maître, serviteurs, gardes du corps. Outre les appartements, magasins, bureaux, casernes, écuries, etc., ils contena'ient évidemment des salles d'apparat, convenant aux cérémonies et aux fêtes où les sujets observaient les règles d'une stricte étiquette, oîi le souverain étalait orgueilleusement ses richesses *.
Ces rois tenaient à montrer qu'ils n'étaient pas des barbares: avant de disparaître, Garthage leur avait appris ce qu'est une civilisation raffinée. Le plus célèbre d'entre eux, xMasinissa, avait été élevé, dit-on, dans l'opulente cité"-; plusieurs princes numides épousèrent des Carthaginoises, qui appartenaient aux premières familles de l'aristocratie^ et qui auraient trop souffert de leur exil, si elles n'y avaient pas retrouvé le cadre luxueux de leur vie antérieure. Nous savons par Pline l'Ancien* que, lors de la destruction de Carthage, les bibliothèques de cette ville furent données par Rome aux rois numides. Ce présent ne fut pas inutile à ceux qui le reçurent et à leurs descendants. Hiempsal, arrière-petit-fîls de Masinissa, écrivit en langue punique un ou plusieurs ouvrages % et son petit-fils Juba II consulta des livres puniques".
Mais, si la civilisation carthaginoise s'offrait, pour ainsi dire, d'elle-même à ces princes, ils n'ignoraient pas combien la civilisation grecque lui était supérieure. Masinissa avait appelé à sa cour des musiciens grecs ^, et un Délien pouvait se