Conf. t. I, p. 60; t. V, p
«constater, en effet, que certaines tifînagh ne représentent pas le même son que des lettres libyques dont elles ont exactement la forme ' ; d'autres ne se retrouvent pas dans la vieille écriture (telle, du moins, que nous la connaissons), de même que des lettres de cette écriture ne reparaissent pas dans celle des Touareg'. Il est, du reste, probable que les ancêtres des Berbères n'ont pas eu un alphabet unique, qui se serait applicfué à divers dialectes et qui n'aurait pas subi de modifications pendant des siècles. Les inscriptions à lignes horizontales de Dougga, dont l'une date incontestablement du second siècle avant J.-C, contiennent plusieurs lettres qu'on ne rencontre pas dans les inscriptions tunisiennes et constantinoises à colonnes verticales de l'époque romaine. Celles de l'Algérie centrale et occidentale ont a^ssi des lettres qui leur sont particulières; cela est vrai surtout pour les textes de la cavité d'Ifîra. Le nombre des caractères employés a pu varier : on a vu que Fulgence mentionne un alphabet libyque de 23 lettres; nous en comptons aussi 23 dans les textes horizontaux de Uougga, et 22 dans le groupe des inscriptions de la région de Souk-Arrhas '.
11 résulte de ces observations que la valeur des lettres ne peut être fixée que pour les séries où nous disposons de textes bilingues. Car ceux-ci contiennent des noms propres, qui, d'une langue à l'autre, se transcrivaient et ne se traduisaient pas \
On est parvenu ainsi à déterminer la valeur de presque toutes les lettres des inscriptions horizontales de Dougga et des inscriptions verticales du Nord-Est de l'Algérie, du Nord-Ouest et du centre de la Tunisie ''. Ce premier résultat a permis de