Voir, p. ex., Gsell, Inscr. lut. de VAljérie, I
LANGUES ET ÉCRITURES. lOt
On n'a donc pas lire grand'chose de l'épigrapliie libyque. Il' n'y a peut-être pas lieu de le regretter beaucoup. Sauf quelques inscriptions de Dougga et la série d'Ifira, la plupart de ces textes sont des épitaphes de pauvres gens, qui, outre leur nom, n'avaient sans doute rien d'intéressant à nous apprendre.
Quelle est l'origine de cette écriture, dont nous suivons l'histoire depuis vingt et un siècles? Cent quarante ans au plus tard avant J.-C, elle était constituée; c'était une écriture strictement phonétique : non pas un syllabaire, comme d'autres écritures de l'antiquité, mais un véritable alphabet, ne comprenant qu'un petit nombre de lettres, des consonnes seulement.
Avant de l'adopter, les indigènes avaient-ils fait usage d'un système pictographique, dans lequel des images auraient reproduit, bien ou mal, des êtres ou des objets? Ces images seraientelles devenues ensuite des signes phonétiques? Et ceux-ci, par déformation et simplification, auraient-ils pris plus tard un aspect linéaire? Rien n'indique que les choses se soient passées ainsi.
Des figures élémentaires, semblables aux lettres de l'alphabet libyque, apparaissent déjà, mélangées à des animaux, sur des gravures rupestres, dont l'âge n'est pas connu, mais qui sont certainement antérieures au premier millénaire avant J.-C. On en a signalé à Kef el Mektouba (dans le Sud oranais) ', à Khanguet el Hadjar (non loin de Guelma) -, à Chaba Naïma (au Sud-Ouest de Biskra) ^ Tantôt ces figures sont isolées, tantôt elles forment des groupes de deux, quatre, cinq éléments, jux-