‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 121 sur 307 · Flamand, Les pierres écrites, p · texte numérisé non relu

Flamand, Les pierres écrites, p

2. Gsell, Bull, archéol. du Comité, 1899, p. 440-1, et Monum. antiques de l'Algérie, 1, i>. 47. Flamand, l. c, p. 33-34.

3. Blancliet, Rec. de Constanliiie, XXXIU, 1899, p. 304 et planche. Gsell, Monum., 1, p. 48-49. Flamand, l. c, p. 69.

taposés ou superposés. D'après leur patine et la place qu'elles occupent, elles doivent être contemporaines des images qu'elles accompagnent.

Pourquoi les a-t-on tracées? C'est ce qu'il est difficile de •dire. Certaines d'entre elles sont-elles des marques de propriété? Par exemple, celle qui se voit sur l'épaule d'un quadrupède indéterminé, à Khanguet el Hadjar; un groupe de quatre -caractères, sur une sorte de housse, portée par un bœuf, et un groupe de cinq, sur le cou d'un autre bœuf, à Chaba Naïma. Observons, toutefois, que le nombre même de ces caractères pourrait indiquer l'enchaînement de plusieurs idées : une série de cinq marques n'eût sans doute pas été nécessaire pour faire reconnaître un animal sur lequel on aurait eu des droits. Mais nous n'avons aucune bonne raison d'affirmer que ces figures aient été, à proprement parler, des éléments d'écriture, des lettres représentant des sons. Longtemps après, nous en trouvons de semblables, dans rx\frique du Nord comme dans d'autres pays, parmi des marques de carrière ou de chantier, gravées sur des pierres de taille'; de nos jours encore, parmi les marques de propriété que des indigènes du Sahara tracent sur des objets mobiliers ou sur des animaux, surtout sur leurs chameaux^.

Des signes linéaires, analogues ou identiques à ceux qu'offrent ces gravures rupestres africaines, se rencontrent dans d'autres pays dès une très haute antiquité : par exemple, sur des os travaillés à l'époque magdalénienne, sur des galets peints vers la fin des temps paléolithiques, sur des dolmens; en

1. P. ex., Gsell, Bull, arcliéol. du Comité, 1899, p. 442-3 (marques du mausolée royal dit Tombeau de la Chrétienne); le même, Inscr. lat. de VAlgérie, 1, 3100 (marques de la basilique chrétienne de Tébessa).

2. Voir, entre autres. Judas, Sur l'écrit, et la langue berbères, p. 8; PiUet, Rev. tunis., XXII, 1915, p. 48-54. C'est probablement de la même manière qu'il faut interpréter des signes gravés sur des poteries grossières, qui ont été trouvées dans des tombes indigènes de Sila, datant d'une épocjue rapprochée de l'ère chrétienne : Frobenius, dans Prcihistor. Zeilschrift, \Ul, i916, p. 76 et <ig. 145-8.

Egypte, sur des poteries contemporaines des premières dynasties, ou même plus anciennes ^ Ces figures sont si simples qu'elles ont pu être tracées dans différentes contrées par des hommes qui n'auraient eu entre eux aucune relation; elles ont pu avoir des significations fort diverses, que nous ignorons.

Quel qu'ait été le sens attaché aux plus vieilles marques de l'Afrique du Nord, on pourrait supposer qu'un petit nombre d'entre elles ont servi à constituer, sans aucun emprunt à l'étranger, une écriture proprement libyque : à chacun des signes choisis aurait été attribuée la valeur phonétique d'une consonne, les voyelles étant exclues-. Mais cette hypothèse ne serait pas acceptable. Outre qu'elle ferait honneur aux Africains d'un esprit d'abstraction et de simplification systématique dont ils n'auraient pas donné d'autres preuves, elle n'expliquerait pas la ressemblance indéniable de l'écriture libyque avec des écritures linéaires qui ont été en usage dans le monde antique : <lans l'île de Crète, dans la Grèce archaïque, en Carie, en Phénicie, en Arabie % en Espagne*. Bon nombre de caractères offrent un aspect analogue ou sont même tout à fait semblables. Ce qui ne peut, il est vrai, être considéré comme une preuve péremptoire de parenté, si les lettres de même forme

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