Trouvées surtout à Abydos et à Négadah
2. Hypothèse qu'on limiterait à la Berbérie, mais qui serait analogue à une théorie bien plus générale, soutenue par M. Flinders Pétrie dans divers écrits ■(entre autres, The fonnalion of the alphabet, Londres, 1912; voir le résumé qu'il a donné de sa théorie dans Scientia, XXIV, 1918, p. 438-444, et supplément en français). Selon ce savant, un corps d'écriture, d'origine non pictographique, aurait été constitué en Egypte au moyen d'un certain nombre des marques usitées dans cette contrée; au cours du second millénaire avant J.-C, il se serait répandu à travers différents pays et, par suite de sélections et modifications, il aurait donné naissance à diverses écritures, syllabaires et alphabets, depuis l'Espagne jusqu'au Sud de l'Arabie.
3. Dans l'Arabie méridionale, alphabet minéo-sabéen (qualifié d'ordinaire d'himyarile) ; alphabets thamoudéen et safaïtique, dans le Nord de l'Arabie.
4. Deux alphabets apparentés, l'un dit celtibérien, l'autre dit turdétain. Voir, en dernier lieu, Schulten, dans Zeitschrift der deutsch. morgenl. Gesellschaft, LXXVIII, 1924, p. 1-18. — A ces écritures, il conviendra de joindre celle qu'otTrent des briques découvertes récemment en France, à Glozel, s'il est prouvé (ju'elles appartiennent à une époque très reculée.
d04 VIE INTELLECTUELLE ET MORALE.
ont des valeurs difierenles : or tel est le cas pour certaines (l'entre elles. Mais, pour plusieurs autres, correspondant à nos lettres g^ î (consonne), s (chuintante), /, nous constatons la concordance phonétique des lettres semblables, appartenant, d'une part, à l'alphabet libyque, d'autre part aux alphabets grecs archaïques, phénicien, carien, arabes, ibériques '.
On s'est donc demandé si l'écriture employée par les Libyens n'a pas été chez eux une importation étrangère. Diverses hypothèses ont été émises : on a pensé à une écriture égéenne, à un alphabet grec', à un alphabet arabe % à l'alphabet phénicien '".
iMais ce que nous savons à l'heure actuelle des écritures égéennes permet seulement de constater la ressemblance d'un certain nombre de caractères, dont nous ignorons la valeur phonétique, avec des lettres libyques : cela ne suffît pas pour établir la parenté, (^.es écritures, où le nombre des caractères était bien plus élevé qu'en libyque, étaient sans doute des syllabaires, comme l'écriture chypriote, qui dérive de l'une d'elles, tandis que l'écriture libyque est un alphabet. La transformation eût exigé de la part des Africains un effort probablement supérieur à leurs facultés intellectuelles.
Les écritures grecques archaïques sont bien des alphabets et on y retrouve, nous l'avons dit, plusieurs lettres de même
1. Naturellement, il n'est question ici que des séries d'inscriptions libyques où la valeur des lettres nous est connue. Il n'est pas impossible qu'ailleurs, d'autres lettres libyques aient eu à la fois la même forme et le même son que des lettres d'alphabets étrangers.