Dussaud, Journ. asiat., 1905, I, p
3. Blau {Zeilschr. der d. morgenl. Gesellsch., V, 1851, p. 330 et suiv.) et Judas (Rev. archéol., 18G2, 11, p. 107 et suiv.) rapprochent l'alphabet libyque de l'alphabet sabéen (ou himyarite) et de l'alphabet éthiopien, qui en dérive. Littmann {Journ. asiat., 1904, II, p. 423-440) le rapproche des alphabets du Nord de l'Arabie. Contra : H. Basset, Essai, p. 16-17.
4. Halévy, Journ. asiat., 1874, I, p. 85-86. Movers {Die Phonizier, II, 2, p. 407) croit à la parenté des alphabets phénicien et libyque, mais l'alphabet libyque se rallacherait à un alphabet cananéen, qui serait plus ancien que le phénicien, et dont celui-ci sérail dérivé. Voir aussi Mommsen, Hist. romaine, trad. Alexandre, III, p. 15, n. 1; Schulten, /. c, p. 15.
forme et de même son que des lettres libyques. Mais les lettres ■qui diffèrent sont bien plus nombreuses. Ces alphabets se composent, non seulement de consonnes, mais de voyelles ; pourquoi les Africains, s'ils avaient adopté l'un d'entre eux, auraient-ils éliminé les voyelles?
Entre l'alphabet libyque et les vieux alphabets arabes l'identité de forme et de son est également limitée à quelques lettres. D'ailleurs, comment l'emprunt aurait-il pu se faire? Il n'y avait pas de contrées qui fussent plus étrangères l'une à l'autre. L'hypothèse d'immigrations arabes antérieures à notre ère ne s'appuie sur aucun argument sérieux et est fort invraisemblable'.
Reste l'alphabet phénicien. Ecartons d'abord un argument sans valeur. On a vu que les lettres de l'alphabet des Touareg sont appelées lifinagh^ au singuViev tafînek. Hanoteau 'a proposé de donner à ce mot le sens de « la (lettre) phénicienne » : ce -serait une preuve encore tangible de l'origine phénicienne de l'alphabet libyque. Mais, tout ingénieuse qu'elle soit, l'étymo- Jogie doit être rejetée : si les Phéniciens étaient appelés 'l'oiv.x;; par les Grecs, ce terme ne paraît p;is reproduire un nom qu'ils se seraient eux-mêmes donné et sous lequel les indigènes africains les auraient désignés d'après leur exemple''.
On a de meilleurs arguments à invoquer. Le système -d'écriture adopté par les Africains est exactement le même que celui des Phéniciens : alphabet d'un petit nombre de lettres, qui ne sont que des consonnes. Cependant un emprunt pur et simple n'est pas admissible, si on veut le placer à une époque voisine de celle à laquelle appartiennent les plus anciennes inscriptions libyques actuellement connues. L'alphabet des inscriptions de Carthage offre un aspect bien différent de