Mesurant de 0°',24 à O^.iô dé hauteur
visage, des sourcils et un nez^ Sont-ce des dieux qu'on a voulu ainsi représenter?
' La plupart des religions ont enveloppé les êtres divins dans une forme humaine. Les Libyens n'ont pas fait exception à cet égard, mais peut-être ont-ils attendu que des étrangers leur en donnassent l'exemple. Une image anthropomorphique du dieu Ifru date seulement de l'époque romaine-. C'est dans une inscription latine^ que nous trouvons la mention des simulacra de cinq dieux indigènes, adorés ensemble non loin de Tébessa; nous ne savons rien de plus sur ces effigies. Nous ne savons pas davantage quel était l'aspect des statuettes, en bois et en métal, de Gurzil, dieu des Laguatan au vi^ siècle de notre ère\ Mais des documents plus anciens, que nous avons déjà signalés, des monnaies frappées par des rois numides et maures, ou par des villes qui faisaient partie de leurs Etats, prouvent qu'en adoptant des dieux venus d'ailleurs, les indigènes ont accueilli aussi leurs images anthropomorphiques : Ammon ou Baal Hammon, sous la forme grecque du Zeus aux cornes de bélier, l'Afrique coiffée de la dépouille d'éléphant, la déesse tourelée qui protège la cité, etc. Les Berbères ont pu être ainsi amenés à figurer sous des traits humains leurs propres dieux. Comme ils étaient incapables de tout effort artistique, ils durent se contenter, soit d'images fort grossières, soit de copies^ adaptant tant bien que mal à ces divinités des types créés par l'art grec.
1. La bouche n'est jamais indiquée. Les restes de peintures qu'on observe sur les visages sont modernes. Pour ces monuments, voir Flamand et Laquière, Bulletins de la Soc. d'anthropoL, 1909, p. 180-19"; Pallary, Rev. afric, LVIII, 1914, p. 365-6; musées d'Alger et de Saint-Germain. Ils ont été trouvés dans le Tassili des Azdjer, près de Tabelbalet. Plusieurs d'entre eux étaient dressés sur un tombeau, mais on peut douter que ce fût leur destination primitive.