‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 187 sur 307 · Supra, p · texte numérisé non relu

Supra, p

3. Gsell, Inscr. lat. de l'Algérie, I, 2 977 : « simulacra deorum n(umero) V, Masidenis, etc. » (v. supra, p. 137). Ces cinq simulacra devaient être fort modestes : avec la chapelle qui les contenait, ils coûtèrent seulement 8 000 sesterces.

4. Supra, p. 138. Voir encore Corippus, Joh., VI, 207 : (Carcasan) « simulacra novavit » (probablement de Gurzil).

C'est dans la grotte, au sommet de la montagne, devant la 'source, autour de l'arbre où séjourne le dieu d'un petit groupe humain, que celui-ci vient l'adorer. A ces cultes primitifs, temples et chapelles sont superflus. Cependant il convient que le lieu sacré, où les dévots entrent en communion avec la divinité, soit nettement séparé du monde profane. Partout en Berbérie se rencontrent des enceintes, circulaires ou carrées', construites en pierres sèches ou en maçonnerie, qui entourent d'étroits espaces à ciel ouvert". Des offrandes, vases, lampes, bougies, parfums, y sont apportées en l'honneur de marabouts, réels ou légendaires ^ Il est probable qu'on a établi de ces enclos bien avant la diffusion de l'Islam*; qu'ils représentent la forme la plus ancienne du sanctuaire chez les populations autochtones %

(1. Appelées haouch, inzâra, haouita.

2. Espaces vides d'ordinaire, mais qui, parfois, entourent un arbre sacré.

3. Elles sont souvent déposées dans une petite niche en forme de table, adossée ;au fond de l'enclos. Certains ont voulu y reconnaître un dolmen en miniature : opinion sans doute erronée. On pourrait supposer aussi bien que c'est une sorte de survivance de l'autel sur lequel auraient été immolées les victimes. Mais je crois que c'est tout simplement une niche : v. infra, p. 236.

4. Fréquemment les enceintes actuelles ont remplacé des enceintes antérieures, aujourd'hui rasées au niveau du sol : voir, p. ex., Jacquot, dans L'Anthropologie, X, 1899, p. 51. Aux Canaries, des groupes d'enceintes circulaires ou elliptiques, formées de murs en pierres sèches, étaient des lieux saints : Verneau, Rev. d'ethnogr., VIII, 1890, p. 205 et suiv., flg. 13. — Je mentionnerai ici une enceinte beaucoup plus vaste que ces humbles cercles.de pierres, mais qui avait peut-être une destination analogue. D'époque indéterminée, elle est assurément très ancienne. Elle fait le tour du massif du Bou Taleb, au Sud de Sétif (Gsell, Atlas archéol. de V Algérie, 1" 26, lîou Taleb, n" 83) ; on l'appelle le Krett Faraoun. C'est un mur large de plus de deux mètres; il est formé de deux parements en pierres Jbrutes, plantées verticalement, et d'un remplissage en cailloux et en pierraille. Tantôt il coupe les dernières pentes, tantôt il passe en plaine. Le tracé qu'il suit, la pauvreté de la région qu'il entoure, me font douter que ce soit un ouvrage défensif. Je me demande s'il ne faut pas y voir l'enceinte d'une montagne sainte. Sur ce mur, consulter Jacquot, Congrès préhistor. de France, C. r. de la 6" session, Tours, 1910, p. 1086-1095, et/îec. de honslantine, XLV, 1911, p. 273-287.

5. Des auteurs grecs mentionnent des sanctuaires chez les Libyens, mais ne donnent aucun détail sur leurs dispositions; d'ailleurs, ces textes paraissent être dénués de valeur. Hérodote, IV, 179 : sanctuaire de Triton, où le dieu place un trépied que lui a donné Jason. Périple de Scylax, 110 (Geogr. .Graeci min., I, p. 88) : sanctuaire d'Athéna Tritonis. Nicolas de Damas, dans Fragm. hist. Graec, III, %>. 463, n° 141 : sanctuaire chez les Panèbes (qui auraient été des Libyens : asser- .'ion douteuse; voir t. V, p. 73, n. 2),

i64 VIE INTELLECTUELLE ET MORALE.

Les dieux d'origine étrangère étaient plus exigeants. Des temples furent sans doute élevés dans des lieux où leur culte s'était implanté. A Thugga, à Thuburnica, à Bulla Regia, ont été retrouvés des édifices religieux qui datent de l'Empire romain, mais dont certaines dispositions paraissent témoigner d'influences puniques ^ Il est à croire que celles-ci se sont exercées dès l'époque des rois numides. Et même on construisit alors quelques riches sanctuaires, d'architecture grecque : ce qu'attestent des monnaies de Juba I"^ et des fragments découverts à Simitthu^

Les petits dieux des indigènes n'ont pas plus besoin de prêtres que d'images et d'édifices sacrés. L'homme qui vient leur offrir un sacrifice dont il espère tirer un profit personnel, immole lui-même sa victime; quand un groupe de fidèles s'assemble devant eux, c'est le chef du groupe, patriarche de la famille,, magistrat du village, seigneur de la tribu, qui accomplit les rites au nom des siens. Ce chef remplit donc des fonctions sacerdotales, mais il n'est pas, à proprement parler, un prêtre. Un clergé n'est nécessaire que dans les religions empruntées à l'étranger : un prêtre apparaît sur un ex-voto punique de Cirta*^; d'autres sont mentionnés sur des inscriptions néopuniques, plus récentes^ Les cultes phéniciens, compliqués et minutieux, exigent une science particulî^e, un état de sainteté, qu'il n'est pas donné à tous d'acquérir et de conserver.

Plus tard, certains dieux indigènes ont, eux aussi, des

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