‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 256 sur 307 · Conf. p · texte numérisé non relu

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ô. Déchelette, Rev. archéoL, 1908, II, p. 243. Dans la péninsule, l'usage de déposer auprès des morts des vases contenant du vermillon persista jusqu'en plein âge de fer : Bonsor, ibid., 1899, II, p. 383. Il en fut, du reste, de même ailleurs, mais ce n'était plus une matière substituée au sang, c'était du fard, ingrédient de toilette : voir, p. ex., pour les Carthaginois, t. IV, p. 106, 458; minium dans des tombes de Gouraya et de Gollo, qui datent des iv°-u« siècles : Gsell, Fouilles de Gouraya, p. 40.

Où ces formes de tombes et ces rites, que nous retrouvons des deux côtés de la Méditerranée, avaient-ils pris naissance aux temps préhistoriques? 11 vaut mieux avouer notre ignorance que de risquer de vaines hypothèses. Mais ce qui est sûr, c'est que des usages funéraires tombés ailleurs en désuétude, puis dans un profond oubli, ont persisté chez les Berbères jusqu'en pleine époque historique. Preuve remarquable, mais non pas u n i que, de l'attachement de ces hommes aux mœurs de leurs pères.

Certains de ces usages ont disparu; d'autres ont survécu, plus ou moins modifiés, jusqu'à nos jours.

Si, dans quelques coins perdus du Sahara, des cadavres ont été encore, il n'y a pas fort longtemps, assis au fond de leur tombe, c'est là un fait exceptionnel; quant au mélange des os, on n'en a pas d'exemples depuis l'antiquité : imitant d'abord les Phéniciens et les Romains, puis obéissant aux prescriptions de l'Islam, les Berbères ont, tôt ou tard, étendu leurs morts, d'ordinaire dans des fosses. Ils ont renoncé, depuis peut-être deux mille ans, aies peindre en rouge. Ils avaient probablement cessé de construire des dolmens avant la venue des conquérants arabes. Car, lorsqu'ils tapissent des fosses de minces plaques de pierre et les couvrent de dalles légères', il est très douteux qu'ils se souviennent des mégalithes érigés par leurs ancêtres. Et je ne crois pas qu'ils fassent des dolmens en miniature, quand ils construisent, à l'intérieur d'un enclos sacré, contre le mur d'enceinte et en face de l'entrée, de très petites caisses, ouvertes par devant, limitées sur les côtés par des plaques dressées^, et couvertes d'une autre plaque horizontale, niches dans lesquelles ils viennent déposer des offrandes' : la forme de ces abris rudimentaires s'explique assez par leur destination. '

1. Disposition fréquente, surtout dans la Berbérie orientale.

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