‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 37 sur 307 · Procope, Bell. Vand., I · texte numérisé non relu

Procope, Bell. Vand., I

5. Ouverte sur le devant. On ne voit pas qu'il en ait été ainsi de la tunique.

6. On pourrait être tenté de reconnaître un haïk dans le vêtement appelé lodix, •ou stragula {v. supra, p. 26), couverture qui enserrait le corps.

7. Sur le haïk, voir surtout Doutté, Merrdkech, p. 248 et suiv. GsELL. — Afrique du Nord. VI. 3

usitées de nos jours dans de nombreuses tribus ^ remontent à des temps lointains : on les retrouve chez d'autres peuples de l'antiquité, en particulier chez les Grecs ^ Tantôt c'est une pièce d'étoffe unique, rectangulaire, le plus souvent teinte en bleu ou en rouge, qui se replie verticalement le long d'un descôtés du corps, avec une fente en haut pour le passage du bras, tandis que, le long de l'autre côté, les deux bords vont serejoindre, mais sans être cousus ensemble; des fibules fixent ce vêtement sur les épaules, les bras restant nus; une ceinture,, corde, courroie, ruban de laine, le serre et maintient, sur le^ côté ouvert, la cohésion des deux bords, du moins à la hauteur des hanches : car, quand le corps se présente de profil, et surtout dans le mouvement de la marche, le flanc et la cuisse se montrent à nu, plus ou moins largement.

Tantôt, — le cas est plus fréquent, — le costume se compose de deux pièces rectangulaires, l'une placée devant, l'autre derrière. En haut, celle-ci entoure la nuque; ses deux bouts, passant sur les épaules et sur le haut des bras, viennent retomber sur la pièce antérieure vers la naissance des seins : c'est là que les deux pièces sont attachées par des fibules, à droite et à gauche. Souvent, la pièce antérieure est plus longue que la taille de la femme ne l'exigerait; la partie supérieure est repliée et rabattue sur la jDoitrine, comme dans le péplos dorien. Une ceinture serre aux hanches les deux pièces ^ qui, fréquemment, bouffent au-dessus. Le vêtement ne tombe pas jusqu'aux pieds; d'ordinaire, il s'arrête à mi-jambes. Aujourd'hui,, ce sont des cotonnades, plus que des lainages, qu'on emploie pour la fabrication des robes : il va sans dire que la substitution est relativement récente.

1. Conf. Bertholon, Bull, de géogr. histor., 1891, p. 470; le même, L'AnthropoL, VIII, 1897, p. 570; Stuhlmann, Ein kulturgeschichll. Ausflug in den Aures, p. 63-64..

2. Ainsi, la Libye représentée sur un bas-relief de Gyrène [v. supra, p. 19, n. 6)porte un costume grec, qu'on retrouve aujourd'hui sur des femmes berbères.

3. En principe, ces deux pièces ne devaient pas être réunies par des coutures,, et il en est souvent encore ainsi.

Au Maroc, dans les campagnes, la plupart des hommes gardent la tète nue. En Tunisie et en Algérie, l'usage d'une coiffure est de rigueur. Mais il n'est pas très ancien : ainsi, les Kabyles, qui, maintenant, portent tous une chéchia, — du moins dans leur pays, — ne se couvraient pas la tête au temps de la conquête française. Il y a cinq siècles, l'historien Ibn Khaldoun disait des Berbères ' : « Ils vont, en général, tête nue. » Telle était aussi la coutume de leurs ancêtres, comme l'attestent quelques images, entre autres les monnaies de Syphax, des stèles trouvées en Kabylie, les bas-reliefs de la colonne Trajane représentant des Maures. « Ni la pluie, ni le froid, écrit Gicéron -, ne pouvaient décider Masinissa à se couvrir la tête. »

Sur des gravures rupestres du Sud oranais, des gens paraissent être coiffés d'une couronne de plumes^; un autre personnage est orné, semble-t-il, de deux plumes dressées *. Les monuments égyptiens nous montrent fréquemment des chefs libj^ens qui portent, piquées dans leur chevelure, deux plumes d'autruche (parfois une seule^ ou bien trois) ^ : insigne de leur dignité. Cette parure se maintint fort longtemps. Au témoignage de Dion Chrysostome '^, les Nasamons dressaient des plumes sur leur tête; mode que leur avaient sans doute empruntée les Garamantes, qui vivaient en plein désert, au Sud-Ouest du pays des Nasamons : TertuUien ^ fait allusion aux plumes auxquelles on les reconnaissait. Au vi* siècle, Corippus qualifie de pinnalus (« emplumé ») plus d'un chef

Page 1