Bâtes, l. c, frontispice
4. Chez les Touareg, les femmes portent un morceau d'étoffe, qui couvre la tête et retombe des deux côtés, en laissant toute la ligure à découvert : ce qui rappelle beaucoup une coiffure égyptienne (voir Vermale, Aa Sahara pendant la guerre européenne, p. 218). Peut-être cet arrangement est-ii très ancien.
5. Gonf. Benhazera, Six mois chez les Touareg du Ahaggar, p. 39.
6. E.-F. Gautier, Le Sahara, p. 100. C'est pour la même raison que des gens d'une autre civilisation ont pris l'habitude de se mettre, quand ils baillent, la main devant la bouche.
conquête du Maghreb. Leurs ancêtres l'avaient-ils apporté de la Berbérie? C'est ce qu'il est impossible de dire. En tout cas, le Utam n'est mentionné, ni figuré nulle part dans l'antiquité '. Au Sahara, outre les Touareg, les Tibbou, qui sont des noirs, des Éthiopiens, se couvrent de ce voile. L'ont-ils emprunté aux Berbères? ou le leur ont-ils donné?
Beaucoup d'indigènes vont encore pieds nus; beaucoup d'autres n'ont adopté que récemment sandales ou souliers. Les chaussures vraiment berbères sont souvent très simples : une semelle à peu près rectangulaire, dont les angles sont relevés et à Laquelle sont attachées des lanières, se croisant et se nouant à la cheville; un morceau de peau de bœuf ou de chèvre, enveloppant le pied, poil en dehors, et maintenu par des lanières.
Les "Maures de la colonne Trajane sont nu-pieds; mais, à des cavaliers, des chaussures peuvent paraître superflues. Des Africains, dont Corippus décrit brièvement le costume, ont sous la plante des pieds une sandale en cuir brut ^. Un autre texte, beaucoup plus ancien ^, mentionne chez les Libyens des chaussures en peau de chèvre. Quant aux chaussures dorées que, dans les premiers siècles de notre ère, les chefs recevaient à leur investiture*, c'étaient, naturellement, des objets de luxe.
Les gens des campagnes, hommes et femmes, se préservent des serpents et des plantes épineuses en s'enroulant autour des jambes un morceau de cuir, fixé sur le devant par une agrafe % ou bien en se passant des molletières en tricot de laine.
1. C'est, non pas un lilam, comme on l'a cru, mais une longue barbe pointue que porte le personnage représenté sur une stèle de Kabylie : Doublet, Musée d'Alger, p. 72 et pi. Yl.