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LA VIE DANb LES CAMPAGNES ET DANS LES VILLES. 73
OU la deviner, — rexislence matérielle des gens des campagnes. Strabon ' faisait remarquer que la manière de vivre des i\Jaures ressemblait beaucoup à celle des Masœsyles, et, d'une manière générale, de tous les Libyens. Une civilisation assez uniforme s'était, en effet, répandue à travers l'Afrique du Nord, quelles que fussent les origines diverses des populations et des États dans lesquels elles se groupaient. Elle allait en s'affaiblissantdu Nord au Sud, de la mer vers l'intérieur : les Gélules étaient plus barbares que les Numides et les Maures, voisins de la Méditerranée ^
Beaucoup d'indigènes africains firent des progrès sous l'impulsion énergique de jMasinissa. Mais, dans cette contrée comme ailleurs, les mœurs cbangeaient moins vite à la campagne qu'à la ville. Au cours des pages précédentes, nous avons plus d'une fois remarqué que, dans la vie des paysans et des nomades, bien des choses ont traversé les siècles jusqu'à nos jours, sans subir de profondes modifications. Si les exemples carthaginois ont exercé, avant les exemples romains' quelque influence sur une partie de ces hommes, ils ne les ont pas transformés ^ Les traits essentiels de la civilisation des Berbères ruraux s'étaient constitués, sans doute fort lentement et très péniblement, dans un passé auquel nous ne pouvons pas remonter. Sur les générations qui se sont succédé depuis lors, la routine a été d'ordinaire plus puissante que les exemples extérieurs et le désir de plus de bien-être.