Hérodote, II, 16. Coaf. Gsell, l. c, p
Libye, dit Hérodote', « est occupée par... deux peuples indigènes, ... les Libyens [AlQueç) et les Ethiopiens, qui habitent, les uns au Nord, les autres au Sud de la Libye ». Et, chez des auteurs plus récents, nous retrouvons le terme Alëoec, appliqué aux habitants de l'Afrique septentrionale, depuis l'Egypte jusqu'à l'Océan, depuis la Méditerranée jusqu'aux pays 011 vivent les Ethiopiens : par exemple, les Numides, les Maures sont des Libyens^. Parfois même, Ai.guyj désigne, non pas le continent tout entier, mais seulement le Nord de ce continent^
Un sens plus restreint encore s'attacha au mot Aiêucç, comme l'attestent divers passages de Diodore de Sicile (copiant peut-être Timée ou Douris), de Polybe, d'Appien\ Les Grecs appelèrent ainsi ceux que les Romains nommèrent Afri^ c'est-à-dire les indigènes du territoire soumis à la domination officielle de Garthage, par opposition aux Nojjàûeç, qui vivaient au delà. Ce territoire, — ou plutôt ce qui en restait après les usurpations de Masinissa, — ayant été annexé par Rome au milieu du second siècle, la nouvelle province, VAfrica des Romains, fut nommée Aiêûr, par les Grecs ^ : ce qui était tout naturel, puisqu'elle était peuplée de Atêusç.
Il est probable que les Carthaginois ont, eux aussi, employé ce terme pour désigner des indigènes : des inscriptions de la Garthage punique mentionnent des gens appelés LBY, LBT^ {= Loubi? Loubat?); c'est-à-dire, autant qu'il semble, « le Libyen », « la Libyenne » '. Plus tard, au, début de notre ère,