‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 112 sur 319 · Gonf. supra, p · texte numérisé non relu

Gonf. supra, p

7.*La question de l'origine du nom Brâber a été bien traitée par H. Schirmer, De nomine et génère populorum qui Berberi vulgo dlcuntui- (Paris, 1892), p. 4 et suiv. Je renvoie à cet ouvrage pour la bibliographie.

la forme Berbères. Il faut dire que, dans le langage courant, il est peu usité chez les tribus d'origine arabe ou arabisées; celles qui parlent des dialectes dits berbères ne l'emploient pas pour se désigner elles-mêmes '.

Les étymologies qu'indiquent des auteurs arabes du moyen âge reposent sur des calembours et n'ont aucune valeur ^ Des savants modernes ont soutenu qu'il s'agit d'un ethnique antérieur à la conquête romaine ^ Selon les uns, il aurait été, dès une époque très lointaine, le nom que se serait donné un grand peuple, et il aurait subsisté çà et là pendant l'antiquité historique, pour reprendre ensuite l'acception générale qu'il aurait eue d'abord. Selon d'autres, il aurait désigné une ou plusieurs tribus importantes, et les Arabes l'auraient généralisé.

Nous avons déjà montré * que, pour étayer la première de ces hypothèses, on ne saurait chercher des arguments en dehors de la Berbérie, dans l'Afrique orientale, voire même au delà : il n'y a aucune raison d'admettre que la contrée nommée Barbaria sous l'Empire romain (le pays des Somalis), que les Berabra de la vallée du Nil, au Sud de l'Egypte, soient des témoins d'une communauté préhistorique de sang et de nom avec nos Berbères ^

Les arguments présentés à l'appui de la seconde hypothèse " ne sont pas meilleurs. C'est être dupe d'une très vague ressem-

1. E. Masqueray, Formation des cités chez les populations sédentaires de l'Algérie, p. 2. Les Bràber du Moyen et du Haut-Atlas ne font pas exception : E. Destaing, Étude sur le dialecte berbère des Ait Seghrouchen {Pa.vïs, 1920), p. lxxxvii, n. 1.

2. Voir Ibn Khaldoun, Hist. des Berbères, frad. de Slane, I, p. 168, 176; de Slane, ibid., IV, p. 494; E. Carelle, Recherches sur l'origine des tribus de l'Afrique septentr., p. 17-18; Tissot, Géogr., I, p. 393, n. 1.

3. Cari Ritler, Movers, Garette, Vivien de Saint-Martin, Tissot, Quedenfeldt, etc.; enfin A. Schulten (Numantia, I, p. 36-37), qui est disposé à croire à la communauté de nom des Berbères et des Ibères.

5. Il est probable que ces noms de iWfrique orientale dérivent du grec pâpêapoi, comme celui des Bràber de l'.Vfrique du Nord dérive du latin barbari. Mais il n'y a pas de rapports directs entre ces emprunts au grec et au latin.

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