‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 223 sur 319 · V. supra, p · texte numérisé non relu

V. supra, p

3. VIII, 3, 24-25 : « Gaius lulius Masinissae fllius, cuius erant totius oppidi agrorum possessiones, cum pâtre Caesare [ou Caesari] militavit, etc. » Cet oppidum, appelé Ismuc, était à vingt milles de Zama, l'ancienne capitale de Juba I".

4. Qui, après une brève existence, fut rattachée à l'ancienne province d'Afrique.

c'est vraisemblablement parce qu'elles appartenaient au roi Juba, l'ennemi de Jules César'. Juba aurait pu en hériter de ses pères, du grand Masinissa, qui, entre la seconde et la troisième guerre punique, s'était emparé du pays où, sous les empereurs, nous rencontrons ces domaines ^ Il l'avait enlevé à Carthage, qui, elle-même, en était peut-être devenue maîtresse au III* siècle \ On peut se demander si Carthage n'avait pas alors déclaré domaine public une grande partie de sa conquête; si, de ce domaine public, Masinissa n'avait pas fait un domaine royal, lequel serait resté tel jusqu'à l'annexion romaine. Nous venons de présenter toute une série d'hypothèses*, dont la fragilité ne nous échappe pas. Mais peut-être sont-elles celles qui expliquent le mieux la genèse de ces domaines, de ces saltus^ au mode d'exploitation uniforme, que des inscriptions célèbres nous ont fait connaître dans VAfrica nova. Par ses usurpations sur le territoire punique, Masinissa serait devenu un très grand propriétaire foncier.

Lui-même et les autres souverains qui régnèrent en Numidie et en Maurétanie prétendirent-ils à la propriété, non seulement des terres qu'ils possédaient comme biens patrimoniaux ou comme acquisitions personnelles, mais, d'une manière générale, de tout leur royaume, à la manière des Pharaons? Propriété qui se serait superposée à celle des groupes sociaux,

1. Ou bien à des princes qui, avec leur roi, auraient combattu César. — Le domaine dont on a retrouvé, au lieu dit Henchir Mettich, le règlement d'exploitation, datant du temps de Trajan (G. I. L., VIII, 25 902), s'appelait Villa Magna Variana sive Mappalia Siga. On pourrait supposer qu'avant de devenir un domaine privé, appartenant à un Romain, Varius, il était terre royale ou princière. Des indigènes y auraient habité un village (mapalia), en un lieu nommé Siga. Ils auraient exploité le sol, en remettant une part des fruits au propriétaire, comme, plus tard, les coloni du domaine, dont beaucoup étaient peut-être leurs descendants.

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