Salluste, Jug., LXXI
5. Hérodote, IV, 190 (à propos des Libyens nomades) : « Leurs demeures sont faites d'asphodèles entrelacés de joncs; elles sont portatives. » Hellanicos (dans Fragm. hist. Graec, I, p. 57, u" 93) : « Certains Libyens nomades ont des habitations faites en asphodèles, juste assez grandes pour fournir de l'ombre; ils les transportent là où ils vont. » Virgile, Géorgiques, III, 343-4 (cité supra, p. 177, n. 6). Tile-Live, XXIX, 31, 8 : « Familiae aliquot cum mapalibus pecoribusque suis... persecuti sunt regem. • Pomponius Mêla, I, 42 : [les gens de l'intérieur de l'Afrique] « sequuntur vagi pecora, ulque a pabulo ductasunt, ita se ac tuguria sua promovent, atque, ubi dies déficit, ibi noctem agunt. » Lucain, IV, 684-5 :
Et solitus vacuis errare mapalibus Afer Venator...
Pline l'Ancien, V, 22 : « Numidae vero Nomades [appellati], a permutandis pabulis, mapalia sua, hoc est domos, plaustris circumferentes. » Silius Ilalicus, III, 290-1 (à propos des Gétules) :
Nulla domus; plaustris habitant; migrare per arva Mos atque errantes circumvectare pénates.
Le même, XVII, 89. Tacite, Ann., III, 74 : « Per expeditos et soliludinum gnaros mutantem mapalia Tacfarinatem proturbabat. » Ibid., IV, 25 : « Adfertur Numidas apud castellum... positis mapalibus consedisse. ■■ Corippus, Joh,, VII, 65 : « motis... cannis »; VII, 264, et VIII, 124 : • commotis... cannis ». — Gonf. Gsell, Hérodote, p. 177-9.
Elles étaient faites en matières végétales, asphodèles ', joncs ^, asphodèles entrelacés de joncs % roseaux *, chaumes ^
On pourrait se demander si beaucoup d'entre elles n'étaient pas démontables et ne consistaient pas, comme certaines tentes encore usitées au Maroc % en quelques nattes, qui, roulées, auraient été aisément portées par des bêtes de somme, avec des pieux, perches et piquets; l'assemblage de ces diverses pièces eût pu se faire très rapidement, et la case ainsi édifiée eût été, au moment du départ, disloquée plus rapidement encore. Mais les textes qui concernent ces abris se prêtent mal à une telle hypothèse; quelques-uns même s'y opposent nettement. Nulle part, il n'est question d'assemblage et de démontage. C'est la maison même que l'on déplace, et cette maison se transporte par charroi. Un poète latin, Silius Italicus, dit des nomades africains qu'ils habitent des chariots; Pline l'Ancien, qu'ils transportent leurs maisons sur des chariots.
Selon Silius, ces maisons auraient donc été de véritables roulottes; selon Pline, des cases, des cahutes, indépendantes des chariots sur lesquels on les aurait chargées. Des roulottes eussent constitué des logements instables, si elles n'avaient pas été munies de quatre roues; au contraire, pour transporter une sorte de cage, on pouvait employer de légers véhicules, pourvus seulement de deux roues assez grandes : ce qui valait mieux que des chariots ci quatre roues dans des pays sans routes. La cage elle-même était fort légère, eu égard aux matériaux dont elle était faite et au mobilier très rudimentaire qu'elle contenait. La forme qui s'imposait était celle d'un