‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 266 sur 319 · T. Il, p · texte numérisé non relu

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3. Tingi est mentionnée par Strabon (XVII, 3, 6) et Mêla (I, 26). Elle devint une commune de citoyens romains dès l'aunée 38 avant J.-G. (Dion Gassius, XLYIII, 4"), 3). Les monnaies à légende uniquement phénicienne qu'elle a frappées (Mûller, Numism., 111, p. 144-6) sont sans doute antérieures à cette date.

4. On n'en a aucun témoignage direct pour Tingi. Mais des fables attribuaient la fondation de la ville à un souverain du pays (voir t. II, p. 169, n. 3). Eu 81, c'est là qu'un roi, Ascalis, soutint avec ses frères un siège contre Sertorius (Plutarque, Sertorius, 9). Eu 38, ce fut la révolte de Tingi qui fit perdre au roi Rogud la Maurétanie occidentale (Dion Gassius, XLVIII, 45, 2). Il est à croire, du reste, (|ue, dans Ia Mauretania Tingitana, comme dans la Mauretania Caesariensis, les Romains établirent le chef-lieu de la province dans l'ancienne capitale du royaume. A Tingi, se trouvaient les tombeaux des anciens rois du pays, si l'on interprète ainsi un vers peu clair de Prudence {Peristfphan., IV, 46). Au xi" siècle, El Bekri écrivait, à propos de Tanger (Descr. de l'Afrique seplentr., traià. de Slane, édit. d'Alger, p. 214) : « Dans les temps anciens, les rois du Maghreb y avaient établi le siège de leur empire; un de ces princes avait dans son armée trente éléphants. »

occupent, comme les villes d'Espagne', des sites pourvus de défenses naturelles, déjà décrits à propos des refuges et des villages : un plateau aux flancs escarpés, une croupe ou un éperon enti-e deux ravins, un contrefort de montagne, la pente ou le sommet d'une colline. Mais, comme la ville n'est pas un repaire réservé à ceux qui l'habitent, qu'elle doit être accueillante à ceux qui la visitent et qui contribuent à sa prospérité, on évite de la reléguer trop à l'écart et sur une hauteur exigeant une ascension trop rude.

Dès cette époque, comme plus tard dans la Berbérie musulmane^, quelques grandes cités s'étendaient même en plaine. Tel était le cas pour Zama, importante à l'époque de Jugurtha et presque sûrement identique à la Zama qui servit de capitale à Juba I"'. Pourquoi l'avait-on placée ainsi? Nous l'ignorons, le site exact de cette ville restant incertaine Ailleurs, c'était la présence d'une source très abondante qui faisait établir la ville sur un sol presque uni : par exemple, à Theveste (Tébessa). La raison principale qui déterminait le choix de certains lieux non défendus par la nature était évidemment la facilité d'accès. C'est en plaine que sont d'ordinaire les nœuds des grandes voies : je veux dire des voies terrestres, les carrefours fluviaux ne pouvant jouer en Afrique le rôle qu'ils ont joué en Gaule*. Partout, même quand leur position les protégeait, les villes étaient fortifiées, comme le prouve l'emploi par les Latins du moi oppida^, bien \}\us fréquent que le terme urbes^. Des textes

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