III
7. Mention de la mort de Caton (en 46) : 1, 34; des colonies romaines de Cirta et de Carthage (fondées l'une probablement, l'autre certainement en 44) : I, 30 et 34. UAfrica commence à l'Ouest au cap Métagonium ou au fleuve Ampsaga : 1, 33 et 30; ce qui ne fut vrai qu'après la constitution, en 46, de la province A'Africanova et le rattachement du territoire de Girta à cette province (peut-être en 44). — On pourrait même se demander si cette source n'est pas postérieure
C'était un ouvrage écrit en latin*, dont Pline le Naturaliste s'est aussi servi". On a conjecturé que l'auteur en était Varron % mort presque nonagénaire en 27 avant l'ère chrétienne, ou Cornélius Népos, qui vivait encore après 32 (Pline mentionne l'un et l'autre parmi ses sources du livre V, où il décrit l'Afrique). Ces hypothèses sont très fragiles. Il se peut que la source commune à Mêla et à Pline pour le littoral ait été aussi celle qui leur a servi pour les populations vivant au Sud de la Berbérie *, un auteur latin, dont la science était d'origine grecque^ et qui, soit directement, soit indirectement, avait fait de larges emprunts à Hérodote ^ Quant à la source commune de Mêla et de Pline pour les côtes du continent africain, depuis la mer Rouge jusqu'à la Maurétanie^, on a d'assez bonnes raisons de croire que c'était Cornélius Népos ^; mais cela ne prouve pas qu'il faille en dire autant pour l'Afrique
à l'an 38. Mêla (I, 29) dit du fleuve Mulucha : « nunc genlium, olim regnorum quoque terminus, Bocchi lugurlhaeque ■>, preuve que la Mulucha n'était plus frontière entre deux royaumes. Or elle cessa de l'être en l'an 38, quand Bocclius le Jeune réunit à son royaume celui de Bogud. Il se peut, cependant, que cette remarque soit de Mêla, et non de sa source (elle ne se retrouve pas dans Pline, V, 19, qui copie le même auteur). Mêla ferait ici allusion à l'annexion de la contrée par Rome, quatre ans avant la publication de son livre : la Mulucha ne pouvait plus séparer des royaumes, comme elle l'avait fait jadis, par la bonne raison qu'il n'y avait plus de royaumes du tout.
1. Polybe y était consulté : voir Mêla, I, 35, et Pline, V, 26, pour les dimensions de la petite Syrte.
2. Pline (1, 5) indique Mêla parmi les sources de son livre V; il l'a donc utilisé de quelque manière. Mais, si l'on compare minutieusement les deux auteurs (ce que nous ne pouvons pas faire ici), on constate plus d'une fois que, dans les passages parallèles, l'hypothèse de l'emploi de Mêla par Pline doit céder la place à celle de l'emploi d'une source commune, reproduite par Mêla et par Pline avec des variantes.
3. Voir, entre autres, Detlefsen, Die Géographie Afrikas bei Plinius und Mêla (Berlin. 1908), p. 55, 57; le même. Die Anordnung der geographischen Biicfter des Plinius (Berlin, 1909), p. 75.
4. Mêla, 1, 22-23, 43-48; III, 96-98, 103. Pline, V, 43-46; VIII, 77. Sur l'emploi qu'ils ont fait de leur source commune, voir Schweder, dans Philologus, XLYII, 1889, p. 636-643.