‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 37 sur 319 · Gonf. t. IV, p. 403, n · texte numérisé non relu

Gonf. t. IV, p. 403, n

venu'. Assurément, de telles mœurs ont été en usage chez les ancêtres des Berbères, comme elles le furent chez beaucoup d'autres peuples. Mais rien n'autorise à y reconnaître des vestiffes d'un état social où les femmes auraient été en commun. Lorsqu'il ne s'agit pas simplement de lucre ou de débauche, la magie donne l'explication la plus vraisemblable^. Ce fut jadis une croyance très répandue que, par une action sympathique, le commerce sexuel favorise la génération, quelle qu'elle soit, et en particulier la bonne venue des céréales confiées à la terre. De là, divers rites, que l'on a continué à pratiquer même quand on avait cessé de les comprendre, et, le plus souvent, en les altérant. Telles les prostitutions qui n'avaient plus de sacré que le lieu où elles s'accomplissaient, qui comportaient un salaire, qui même, par un oubli complet de leur origine, s'accommodaient de perversions sexuelles ^

La même interprétation vaut pour les « nuits de l'erreur ». Chez une peuplade libyenne, au dire d'un auteur copié par Nicolas de Damas \ hommes et femmes se réunissaient à un jour déterminé, qui suivait le coucher des Pléiades ^ Après un repas, les hommes allaient rejoindre les femmes, qui s'étaient retirées à part; les lumières étant éteintes, chacun prenait possession de celle sur laquelle il tombait. Cela n'est pas un conte. Cette coutume est mentionnée au xvi^ siècle par Léon l'Africain % comme ayant existé à Ain el Asnam, au Sud de

1. E. Doutté, Les maraboals (Paris, 1900), p. 97; le même. En tribu (Paris, 1914), p. 183 et suiv. H. Basset, dans Rev. afric, LXIl, 1921, p. 371, u. 2.

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