Conf. Gseil, dans Mémoires, l. c, p. 154 et saiv
5. Conf. G. Marçais, Les Arabes en Berbérie du XF au XIV siècle, p. 553 (citant Ibn Khaldoun),
plusieurs siècles, peut-être même après que l'Afrique septentrionale fut tombée au pouvoir des Arabes. On a cru retrouver dans le grand désert des noms de peuplades qui sont mentionnées en Berbérie à l'époque romaine ou à l'époque byzantine. Rapprochements presque tous contestables; il est cependant admissible que les Iforass^ qui vivent dans l'Adrar, se rattachent aux Ifuraces, qui, au vi* siècle, vivaient en Tripolitaine*.
Aux gens venus du Nord, on peut attribuer l'introduction dans le Sahara des tombeaux coniques et cylindriques en pierres sèches, si communs dans leur ancienne patrie; certainement aussi l'alphabet, d'origine libyque, dont les Touareg se servent encore. Mais il ne faut pas exagérer leur rôle civilisateur. Longtemps avant eux, il y avait des oasis bien cultivées, comme l'atteste Hérodote^ (^es pasteurs nomades ne pouvaient rien enseigner en matière d'arboriculture et de jardinage. Il est vrai que des Berbères, qui avaient auparavant mené une existence de sédentaires, vinrent se fixer sur quelques points du désert : hérétiques qui fondèrent au viii' siècle Sijilmâsa, à la lisière du Maroc; au x^ et au xf siècle, Sedrata (près d'Ouargla), puis les villes du Mzab, où ils sont restés. Ils ont véritablement créé la vie là où ils se sont fait une patrie nouvelle, mais, en dehors de leurs oasis, ils n'ont pas, comme les nomades, étendu leur domination sur le Sahara.
Nous avons dit pourquoi nous croyons que la pénétration de ces nomades n'est guère antérieure au m* siècle de notre ère. Il s'agit ici du Sahara central et occidental, au Sud de la contrée dont nous étudions l'histoire. On a, en effet, des raisons de croire que, dans le Sahara oriental, à l'Ouest de l'Egypte, des Berbères ont, bien longtemps auparavant, été
1. Corippus, Johannide, II, 113; III, 412; IV, 641; VIII, 490 et 648. Pour ce rapprochement, voir Gautier, /. c, p. 162.