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maîtres des parties habitables du désert libyque. C'est, non seulement des pays voisins de la Méditerranée, entre l'Egypte et la grande Syrte, mais de régions plus méridionales, que vinrent ces hordes de blancs, qui, dès les premières dynasties égyptiennes, essayèrent d'envahir la vallée du Nil, qui firent des tentatives fort redoutables à la fin du xiii® siècle et au début du xii^; ces tribus et ces chefs dont les noms prouvent qu'ils parlaient une langue étroitement apparentée aux dialectes berbères'. Plus tard, un historien grec copié par Diodore de Sicile^ décrit les mœurs des Libyens établis dans l'Est du Sahara, ancêtres probables des Mazices berbères, qui, sous le Bas- Empire et à l'époque byzantine, rôdaient dans les mêmes régions. Dès le temps d'Hérodote% l'oasis d'Augila, au Sud de la Cyrénaïque,' était visitée chaque automne par les Nasamons, peuplade du littoral de la grande Syrte : ils y venaient faire la récolte des dattes; peut-être exerçaient-ils ainsi un droit de propriété, semblable à celui que des Berbères nomades exercent encore sur de nombreuses oasis*.
Plus à l'Ouest, les textes anciens ne nous apportent aucune preuve de la présence d'ancêtres des Berbères dans le Sahara, même dans le Nord de cette contrée. On ne peut invoquer Ptolémée, qui, au Sud des provinces romaines, mentionne dans la « Libye intérieure » une région appelée Gétulie^ et une peuplade de Mélanogétules". Les Gétules étaient des Berbères. Mais, dans ce chapitre, l'ouvrage du géographe grec est plein d'erreurs et de confusions : un grand nombre de noms appartenant à l'Afrique septentrionale reparaissent dans la Libye intérieure; ce sont là des fautes évidentes. Il convient de prêter
1. Voir, entre autres, Maspero, Hisl. ancienne des peuples de l'Orient classique, 11, p. 430, n. 3.