César
si Asinius Pollion et même César n'étaient pas sortis pçur les dégager'. D'autres fois, les cavaliers gaulois et germaiins des deux armées faisaient trêve et conversaient entre eux^.
Au sentiment de certains chefs républicains, ce blocus suffisait. Ils redoutaient l'issue d'une bataille oii ils auraient devant eux un homme de guerre dont ils ne méconnaissaient pas le génie : à cet égard, Caton n'avait jamais dissimulé ses craintes \ Mieux valait tenir César priso'linier dans sa citadelle de Ruspina et attendre qu'il y mourût de faim. Scipion avait-il, comme on le lui reprocha*, assez de confiance en lui-même pour compter sur la victoire? Ou plutôt, persuadé que César ne se jugeait pas en état d'accepter la bataille, voulait-il la lui offrir, pour relever le moral de ses propres soldats, en leur donnant la preuve que ce général, tant de fois vainqueur, n'osait pas se mesurer avec eux?
Presque tous les jours, il faisait sortir une partie de ses troupes; à trois cents pas de son camp^, il les mettait en ligne et les laissait ainsi pendant plusieurs heures; puis il rentrait avec elles ^
Il se décida enfin à emmener toute son armée, rangée en bataille sur un front aussi étendu que possible, précédée des trente éléphants de Juba, qui portaient des tours. Il s'avança ainsi jusqu'à une faible distance du camn de César\ Le dictateur rappela à l'intérieur des retranchements ceux des siens qui se trouvaient au dehors pour faire du fourrage et du bois, ou pour travailler aux ouvrages de défense; il ordonna aux
1. Cet épisode, dont Plutarque (après Asinius Pollion?) parait avoir grossi l'importance, put se passer sous le camp de Ruspina, mais cela n'est pas certain.