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84 JULES CÉSAU ET L\\FRIQUE.
camp (le Scipion, malgré les sentinelles placées pour les en empêcher. Les uns retournaient dans leurs foyei'S, les autres allaient auxamp du dictateur : ils savaient qu'il était apparenté à Marins', duquel certains de leurs ancêtres avaient reçu des bienfaits après la guerre de Jugurtha. César choisit parmi ces transfuges les hommes des meilleures familles et les renvoya chez eux, avec des lettres invitant les indigènes à secouer la tyrannie de ses ennemis - : ainsi se préparaient les révoltes qui allaient éclater bientôt. Deux Gétules, désignés à Scipion comme des gens sûrs, avaient été chargés par lui de faire de l'espionnage au camp de Ruspina, en s'y présentant comme des déserteurs : ils s'empressèrent de révéler à César la mission qui leur était confiée et lui affirmèrent que beaucoup de leurs compatriotes passeraient de son côté, s'ils le pouvaient. Le lendemain, en efîet, de nombreux Gétules, qui servaient dans deux légions républicaines, s'enfuirent auprès des Césariens'.
Malgré ces bonnes volontés. César no possédait encore, au delà du plateau de Ruspina, que Leptis, oîi, nous l'avons vu\ il avait laissé six cohortes. Labiénus tenta, par un i-aid de cavalerie, de s'emparer de cette ville. IMais elle était bien défendue. Un trait lancé, du haut des murs, par une machine cloua un chef d'escadron à son cheval et ses compagnons prirent la fuite ■'.
César garda donc Leptis et, bientôt, il devint maître d'une autre ville libre, Acholla®. Elle était située beaucoup plus loin, peut-être sur la saillie du cap Kaboudia'', à une soixantaine do