Ibid., XXXYI
Quelques jours plus tôt, l'offre de ce vaste dépôt de blé, dont il n'eût pu faire usage, eût été pour lui comme un supplice de Tantale. Le ravitaillement de ses troupes lui avait causé des soucis, même des angoisses'. L'accès des campagnes voisines lui était interdit et la famine le menaçait. Il manquait aussi de fourrage : il dut nourrir ses chevaux avec des algues qu'on faisait macérer dans de l'eau douce pour les débarrasser de leur salure et auxquelles on mêlait du chiendent pour leur donner un peu de goût^ Quant aux hommes, il fallut les rationner % en attendant les vivres demandés en Sicile et en Sardaigne et dont le transport pouvait être contrarié par des mauvais temps*. Heureusement, l'expédition de Salluste à Cercina^ eut un plein succès. A la nouvelle de son arrivée, l'ancien questeur Décimius, chargé de la garde des dépôts de grains, s'enfuit précipitamment sur une barque. Bien accueilli dans l'île, Salluste y trouva un assez grand nombre de vaisseaux de charge, qu'il remplit de blé et envoya à Ruspina^
En Sicile, le proconsul Alliénus et Rabirius recevaient de César les ordres les plus pressants'. Le second convoi, qu'ils avaient eu à former, partit enfin, trois semaines environ après le premier; il emportait deux légions de vétérans, la XIIP et la XI V% 800 cavaliers gaulois, 1 000 frondeurs et archers ^ La traversée fut bonne ^ Cependant plusieurs vaisseaux, entraînés par le vent, tombèrent au pouvoir de l'ennemi*". Une trirème, capturée devant l'île d'yEgimure, à l'entrée du golfe de Car-