‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 175 sur 357 · Ibid. B. A., LXXXVIII · texte numérisé non relu

Ibid. B. A., LXXXVIII

6. iNaturellement, il est inexact qu'il lui ait donné l'ordre d'aller trouver César comme Dion le prétend (XLIII, 10, 4).

LA FliN DE LA GUEUKE. 145

Caton soutint que, seul, l'homme de bien est libre, et il s'exprima avec tant de force, tant de chaleur, que ses auditeurs eurent des pressentiments sur l'usage que lui-même allait faire de sa liberté. 11 s'en aperçut et s'efforça de les rassurer. Changeant le sujet de la conversation, il parla de ceux qui étaient partis, soit par mer, soit parterre, et s'inquiéta de leur sort. Il fît sa promenade ordinaire et, quand il se retira dans sa chambre, il embrassa son fils et ses amis plus tendrement que d'habitude*.

Resté seul, il prend le dialogue de Platon sur l'immortalité de l'âme, — le Phédon, — et en lit une grande partie^. Puis il cherche son épée au-dessus de sa tête et ne la trouve pas, son fils l'ayant enlevée pendant le dîner^ Il appelle un esclave et demande qui l'a prise. L'homme se tait. Caton se remet à lire et, au bout de quelque temps, ordonne qu'on lui apporte l'arme. Il achève sa lecture, appelle ses serviteurs les uns après les autres et leur réclame violemment son épée; il frappe l'un d'eux au visage, si fort qu'il se blesse la main. Son fils accourt, avec ses amis, et le supplie. Caton lui répond sur un ton sévère : veut-on le traiter comme un être dépourvu de raison? et, d'ailleurs, s'il désire se tuer, ne peut-il pas le faire sans avoir besoin de son épée *?

Le jeune homme sort en pleurant et tous le suivent, sauf deux philosophes que Caton retient quelques instants. Un petit esclave lui ayant apporté l'épée, il l'examine et la place auprès de lui. Il reprend son volume, le lit et le relit; après quoi, il s'endort profondément. Vers minuit^ il se réveille et mande

1. Plutarque, 06 68. Conf. Appien, II, 98; Florus, II, 13, 71.

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